Montagne / Les ressources en eau menacées par le réchauffement
Si les montagnes constituaient jusqu'à présent les « châteaux d'eau » de l'Europe, les modifications du climat menacent désormais l'équilibre des régimes hydrauliques des grands fleuves. Du 22 au 24 septembre, les Etats généraux de l'eau en montagne se réunissent pour tenter de trouver des solutions.
34 % du débit annuel total du Rhin, jusqu'à 53 % du débit du Pô et 41 % de celui du Rhône : les grands fleuves européens se nourrissent en grande partie de l'eau des montagnes.
Leur régime nivo-glaciaire se caractérise par une alimentation des étiages estivaux avec la fonte des neiges et des glaciers et une limitation des écoulements en automne et en hiver du fait des précipitations sous forme de neige.
Avec le réchauffement climatique, cet équilibre hydraulique pourrait être menacé.
La température moyenne des Alpes a augmenté en un siècle de + 1,5 à 2 °C et les prévisions des modèles climatiques ne sont pas optimistes : ils projettent une hausse des températures comprise entre + 2,6 et 3,9 °C d'ici à 2100. Les glaciers alpins pourraient alors regresser de 30 à 70 % de leur volume d'ici à 2050. Aujourd'hui, leurs pertes sont déjà comprises entre 20 et 30 % depuis 1980. Les glaciers des Pyrénées ont eux perdu près de 80 % de leur surface depuis 1850.
La répartition saisonnière des précipitations devrait également être modifiée avec une augmentation en hiver et au printemps et une forte réduction en été. Ces changements entraineront une modification du débit des grands fleuves. En moyenne, ils pourraient augmenter de 20 % en hiver mais chuter de - 17 % au printemps et – 55 % en été notamment au centre et au sud des Alpes.
Pour envisager ces changements et leurs conséquences, du 22 au 24 septembre se tiendront à Megève les Etats généraux de l'eau en montagne, organisé par le Réseau international des organismes de bassin (Riob) et l’Office international de l’eau.