Les énergies renouvelables dans l’UE : une situation très contrastée

L’union Européenne s’est engagée à ce que les énergies renouvelables non carbonées (éolien, solaire photovoltaïque et hydraulique principalement mais la biomasse est aussi concernée) représentent au moins 20 % de la consommation primaire en 2020. Chaque pays doit faire des efforts pour encourager le développement de ces énergies mais on constate que la situation reste encore très contrastée d’un pays à l’autre. C’est l’énergie éolienne qui représente aujourd’hui l’énergie qui connait la croissance la plus rapide, notamment en Allemagne et en Espagne. Ces pays refusent le nucléaire et pour éviter de recourir davantage à du charbon polluant, ils doivent privilégier les renouvelables. D’autres pays disposent de capacités hydrauliques importantes ; c’est notamment le cas de la France. Le développement du photovoltaïque est également très rapide un peu partout en Europe depuis quelques mois, notamment lorsqu’il est intégré à l’habitat. La mise en place d’une taxe carbone en France devrait logiquement accélérer le recours à ces énergies vertes.
Dans tous les pays ces énergies sont aidées car elles n’ont pas encore atteint le seuil de la compétitivité malgré la baisse importante des coûts observée ces dernières années grâce aux économies d’échelle. Un bas prix du pétrole compromet cette rentabilité ; à l’inverse lorsque le prix du pétrole s’élève la rentabilité de ces énergies s’accroît.
Les mécanismes mis en place pour accélérer le développement de ces ENR sont de deux sortes : le mécanisme des “prix de rachat garantis” et celui des “certificats verts”. La plupart des pays ont opté pour le premier système (c’est le cas en France, en Allemagne et en Espagne notamment). Certains pays ont choisi le second système (c’est le cas au Royaume-Uni, en Italie ou en Belgique).
Le principe des prix de rachat garantis prévoit que l’électricité d’origine éolienne ou solaire sera prioritaire sur le réseau et l’opérateur historique (EDF en France) a l’obligation de racheter cette énergie à un prix très rémunérateur (86 euros le MWh en France pour l’éolien alors que le prix du marché de gros se situe aux alentours de 50 ou 60 euros en temps normal). Le surcoût est mutualisé entre tous les consommateurs d’électricité à travers la CSPE (contribution au service public de l’électricité). Pour le photovoltaïque le prix de rachat est encore plus rémunérateur. Le système des certificats verts est un peu différent. Certains opérateurs peuvent produire de l’électricité verte même s’ils n’y sont pas obligés ; ils reçoivent en contrepartie un certificat. Les opérateurs (producteurs ou fournisseurs d’électricité) qui sont obligés de vendre un minimum d’électricité verte ont alors le choix entre deux solutions : soit ils produisent eux-mêmes cette électricité verte soit ils achètent les certificats à ceux qui l’ont produite sans être obligés de le faire. Nul doute que la montée des préoccupations environnementales et les engagements qui seront pris à Copenhague devraient accentuer le recours à ces énergies certes encore coûteuses mais non émettrices de CO2.
Avec une capacité installée de production d'électricité de 22 GW par la filière éolienne et de 3,9 GW pour sa filière solaire, l'Allemagne se positionne en tête des pays européens, suivi par l'Espagne avec une capacité de 15,2 pour la filière éolien et 0,5 GW pour le solaire. La France quant à elle présente des capacités installées de 2,3 GW pour la filière éolien et 0,1 GW pour le solaire.