Toutes les combustions de bois ne se valent pas
Serge DEFAYE, président du Comité interprofessionnel du bois-énergie (CIBE)
Christophe PASCUAL, vice président du CIBE.


Serge DEFAYE et Christophe PASCUAL
Le bois Energie se développe, porté par des préoccupations environnementales et par des mesures de soutien nationales et locales.
Mais des voix commencent à se faire entendre qui crient à la fausse bonne idée. Le chauffage au bois (sans distinction) serait notamment en partie responsable des pics d’émission de particules relevés en hiver en zone urbaine ou dans les vallées de montagnes. Des médias grand public reprennent ces messages sans précaution ni analyse. Qu’en est-il réellement ?
L’Ascoparg(1) a calculé qu’en région Rhône Alpes, le chauffage est, en moyenne sur l’année, responsable de 27 % des émissions particulaires. Mais, dans ces émissions dues au chauffage, 86 % proviennent du parc domestique de chauffages au bois : cheminées, foyers fermés, poêles, encore constitué pour l’essentiel de matériels anciens et peu performants. Le brûlage à l’air libre demeure une autre source importante. Les chaudières biomasse de taille
« industrielle », c’est-à-dire qui alimentent les chauffages collectifs et les réseaux de chaleur sont quant à elles à l’origine, de moins de 2 % des émissions de particules dues au chauffage (classées dans la catégorie « Chauffage tertiaire »).
Le CIBE rassemble des acteurs de l’ensemble de la filière bois-énergie pour promouvoir l’utilisation de bois combustible dans ce type d’installations et dans l’industrie.
Les chaudières de ce type sont depuis longtemps conçues suivant des normes techniques strictes. Leur taille rend possible la mise en place de systèmes de mesure, de contrôle et de régulation efficaces qui adaptent en continu les réglages à la demande d’énergie et à la qualité du combustible. Les chaufferies qui les accueillent disposent d’un personnel de conduite et de maintenance qui contrôle en permanence leur fonctionnement. Quand le bois est de bonne qualité et brûlé dans de telles installations, l’impact environnemental de sa combustion est très réduit, les émissions étant par ailleurs réglementairement encadrées et vérifiées par les autorités administratives. Paradoxalement, la biomasse, énergie dont la production est très décentralisée, se prête mieux à une utilisation dans des installations procurant un niveau suffisant de centralisation.
Le bois énergie, quand il est mis en œuvre sur du chauffage collectif, des réseaux de chaleur ou dans l’industrie, permet de concilier des impératifs de maîtrise de la qualité de l’air et de réduction d’émission de CO2. Pour limiter les nuisances associées à la combustion de biomasse il faut impérativement accélérer le renouvellement du parc domestique avec des matériels à hautes performances (labellisés Flamme Verte par exemple), et mieux faire appliquer la réglementation sur l’interdiction de brûlage à l’air libre.
Note :1. Association pour le contrôle et la préservation de l’air en région grenobloise, présentation faite à la journée d’échange organisée par la région Rhône Alpes et Rhône-Alpes Energie Environnement le 12 mars 2009 sur le thème « La qualité de l’air et le bois Energie ».