Comportement à long terme et écocompatibilité des déchets ultimes stabilisés : vers une stratégie environnementale unifiée
« Vous me dites qu’il n’y aura pas de pollution pendant 5000 ans, oui mais après ? », « La ceinture, les bretelles, le parapluie… et quoi d’autre ? ».
Ces questions, même si elles apparaissent aujourd’hui un peu caricaturales, sont pourtant bien réelles. Nombreux sont ceux d’entre nous qui les ont entendues à l’occasion de réunions publiques ou de groupes de travail. Elles sont en fait révélatrices d’une crise de confiance vis-à-vis de la gestion de l’environnement qui existe dans nos sociétés. Le niveau des exigences ainsi maladroitement formulées est à la mesure du manque de lisibilité ou de transparence de nos stratégies ou politiques environnementales pour les acteurs économiques, et a fortiori pour le grand public. Nous sommes à ce titre tous responsables :
– les scientifiques pour n’avoir pas su apporter les réponses aux questions posées ou pour n’avoir pas su expliquer les mécanismes par lesquels la pollution peut être qualifiée, quantifiée et bien sûr évitée ;
– les industriels, en n’ayant pas assez tôt intégré dans la conception des process la dimension environnementale des cycles de vie de leurs produits ;
– les autorités administratives, enfin, en ayant pendant longtemps proposé aux acteurs économiques et au grand public une politique environnementale basée davantage sur les meilleures technologies disponibles plutôt que sur une logique de non-impact intégrant le concept d’écocompatibilité.
Jacques Méhu
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