Eau potable / Un besoin pas un droit

25 000 personnes s’étaient donné rendez-vous à Istanbul pour participer au 5e Forum mondial de l'eau. Adoptée à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, la déclaration ministérielle formule une série de recommandations, allant de la nécessité de modifier les modes de consommation d'eau à celle de collecter et de traiter les eaux usées. Certains pays à l’instar de la France, de l'Espagne, ainsi que plusieurs pays d'Amérique latine et d'Afrique ont tenté de faire modifier le texte afin que l'accès à l'eau potable et à l'assainissement soit reconnu comme un « droit humain fondamental » et non pas seulement comme un « besoin ». En vain. Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat française à l'Ecologie ne cachait pas sa déception: « Il est choquant de voir que, pour la première cause de mortalité dans le monde, il n'y a pas plus de mobilisation politique. »
Car il y a urgence. D’après l’ONU, la population mondiale devrait dépasser 9 milliards d’individus en 2050 et à ce rythme, la demande en eau pourrait augmenter de 64 milliards de m3/an. En parallèle, l’évolution du climat risque de redistribuer les cartes et d’accentuer les inégalités. Pour Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, cela ne fait aucun doute « Nous sommes responsables des agressions commises contre l'eau, responsables de ces évolutions du climat qui viennent s'ajouter aux changements globaux, responsables des tensions qui réduisent la disponibilité des masses d'eau douce indispensables à la survie de l'humanité. »
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