La faim dans le monde

Cartographie issue de Vertitude N° 31

“Se donner enfin les moyens de lutter contre la faim”
Action contre la faim appelle à la création d’un Fonds Mondial contre la Faim et la Malnutrition
En avril dernier, les “émeutes de la faim” révèlent au monde le drame que vivent des centaines de millions de personnes sur notre planète.
L’augmentation massive du prix des denrées alimentaires a des conséquences catastrophiques et l’insécurité alimentaire guette tous les groupes de population : les ruraux à cause du prix des semences, les urbains à cause des importations auxquels s’ajoutent les personnes déjà vulnérables.
1,2 milliards d’être humains pourraient souffrir de la faim d’ici 2025 car la hausse d’un point du prix moyen des denrées plonge 16 millions de personnes en insécurité alimentaire (source FIDA). Au Libéria, 90 % du riz consommé dans la capitale est importé et son prix a augmenté de plus de 50 % en 8 mois. Derrière ces chiffres, une enquête nutritionnelle d’Action contre la Faim, effectuée il y a quatre mois, dans des quartiers pauvres de Monrovia, révélait que plus de 12 500 enfants étaient en danger.
Réduire de moitié la population souffrant de la malnutrition
En 2000 déjà, les chefs d’Etat faisaient ce constat et s’engageaient à travers les Objectifs du Millénaire à réduire de moitié la population souffrant de la malnutrition à l’horizon 2015. À mi-parcours, cet objectif est déjà à reléguer au rang des vœux pieux. Pourtant, les solutions techniques existent, seuls la volonté politique et les moyens financiers manquent. Action contre la Faim appelle à la création urgente d’un Fonds Mondial contre la Faim et la Malnutrition selon le même principe que celui de lutte contre le SIDA. Cet outil serait un instrument financier permettant de mobiliser, gérer et allouer des ressources et non pas une nouvelle institution internationale venant concurrencer celles œuvrant déjà contre la faim. Pour ses programmes, le fonds s’en remettrait aux compétences d’experts et agirait autour de deux axes : l’urgence, avec la prévention et le traitement de la malnutrition aiguë, et les questions dites de “sécurité alimentaire”. Ce deuxième axe viserait la restauration de l’autonomie alimentaire des populations notamment par la relance d’une agriculture vivrière. Il devrait être aussi l’outil d’un partenariat entre les États, les organisations internationales, les ONG, le secteur privé et la société civile. Face à des enjeux lourds de conséquences, la communauté internationale a une réelle obligation de moyens et de résultats pour lutter contre la faim dans le monde.

François Danel, Directeur Général d’Action contre la Faim