Culture du risque zéro ou Culture zéro du risque ?
La culture du risque a longtemps fait défaut, en France, mais rassurons-nous, il parait que c’est en train de changer. Chaque catastrophe réveille les consciences et forge un peu plus une demande de “risque zéro” chez le citoyen. Excessif, certes, mais un bon aiguillon pour sensibiliser les décideurs au risque… du risque ! Ceci dit, on ne s’invente pas une culture du risque du jour au lendemain ; il faut en général toujours attendre qu’une catastrophe se produise, de préférence en France, pour que des leçons en soient tirées.
Ainsi parmi une foule d’exemples, la réglementation Seveso 1 était suffisante jusqu’à ce qu’AZF explose (Seveso n’avait pas suffi, Bhopal encore moins), celle spécifique aux silos à grain semblait convenable avant Blaye (ce n’était pourtant pas le premier silo à exploser). De même, les normes de construction anti-incendie ne seraient pas ce qu’elles sont sans l’incendie d’une discothèque à St Laurent du Pont, et celles de sécurité dans les tunnels sans la catastrophe du Tunnel du Mont Blanc. Mais ces normes auraient-elle été modifiées si ces drames s’étaient produits en Amérique ou au Japon ? Enfin, tout arrive : grâce au tsunami de l’Océan Indien, la France se (re)penche sur sa sismologie. Pas trop tôt, lorsqu’on sait qu’on construit chez nous sans tenir compte des normes parasismiques, ni même des règles de construction obligatoires (lire dans nos actus) ! A défaut d’une catastrophe en métropole (!), sortir de la culture zéro du risque sismique implique forcément de tirer des leçons de l’étranger ou de l’outre-mer. Demandons nous donc comment font les Japonais, les Taïwanais ou… les Monégasques pour faire appliquer leurs normes ! Mais, ne rêvons pas : on nous promet surtout pour l’instant de nouvelles règles “européennes” (pas leur application…) et une meilleure information des citoyens. Le minimum pour faire émerger une demande de “risque zéro”, aiguillon pour nos édiles…