Gestion des déchets ménagers : Un chantier en cours de réalisation
L e succès des Assises nationales des déchets
ménagers et assimilés, manifestation dont l'audience
s'accroît chaque année, vient rappeler si cela
était nécessaire, qu'avec l'eau et l'emploi, la
gestion des ordures ménagères figure parmi les
principales préoccupations des élus, quelle que soit
d'ailleurs la taille de leur collectivité.
Dans ce domaine, la France qui a su se doter d'une loi cadre
intelligente fixant clairement la direction et les orientations
à suivre, puis d'un système performant de soutien aux
collectivités avec Eco-Emballages et Adelphe, progresse
à grands pas.
L'explosion du nombre de déchetteries et de la
collecte sélective des matériaux recyclables est
là pour en témoigner. Force est néanmoins de
constater que parallèlement la collecte sélective et
le traitement de la fraction fermentescible des ordures
ménagères restent à la traîne ; ces
déchets très riches en eau constituent pourtant
l'ennemi principal de l'incinération comme des centres
d'enfouissement ; par ailleurs ils ne sauraient bien
évidemment constituer des déchets ultimes, quelle
qu'en soit aujourd'hui ou demain la définition.
La fraction la plus importante et la plus problématique
de la poubelle des ménages est donc aujourd'hui
paradoxalement oubliée ! C'est l'occasion de regretter
l'absence actuelle de soutien à la valorisation qui «
pénalise » à l'évidence la poubelle
verte et constitue indéniablement un frein essentiel
à la prise de décision des élus.
Ceux-ci ont besoin également d'être rassurés
sur l'existence réelle de débouchés pour le
compost produit, qui pourtant ne manquent pas : on citera bien
sûr l'agriculture (un compost de qualité
intéressera toujours le monde agricole) mais aussi, et cela
n'est pas assez mis en évidence, les espaces publics
communaux ou tout simplement les particuliers... Quel dommage par
exemple de voir les services déchets et espaces verts de
grandes collectivités continuer de s'ignorer superbement !
Leur dialogue serait pourtant si fructueux
!
Alors il faut communiquer, communiquer sans relâche...
C'est bien entendu une des raisons d'être de ces rencontres
nationales, avec entre autres la remise du prix de la communication
écocitoyenne - appelé Geste d'or ; pour ma part tout
en saluant cette initiative, je regrette qu'elle ne comprenne pas
un volet évaluation de l'impact réel de la politique
communication des collectivités candidates. Si tous,
élus et techniciens, nous sommes convaincus de la
nécessité de la communication, nous ne savons pas
forcément et c'est là un euphémisme, quels en
sont les résultats réels, quel en est l'impact sur
les performances du tri... souvent complexe même pour les
initiés.
Une question à cet égard : combien de ces
dépliants et autres affichettes vont terminer leur vie au
centre de tri dans le meilleur des cas et au centre d'enfouissement
le plus souvent - sans même avoir été lus -
avec le 1,2 kg de papiers et prospectus divers que reçoit
chaque semaine un foyer français ? Alors à quand ces
ambassadeurs du tri que j'appelle de mes voeux ! Ils ne sont encore
hélas qu'un nombre infinitésimal en France, au moment
même où le besoin est immense et le dialogue avec les
usagers plus que jamais nécessaire.
Régis de Lauzanne
Directeur de
l'environnement et de l'aménagement, Conseil
général de la Somme