L’importance du temps
E n 1992, l'État a donné 10 ans à
Eco-Emballages pour mettre en place un dispositif capable de
valoriser 75 % des emballages de ces contributeurs. A cette
époque, peu de gens étaient prêts à
parier sur la généralisation du geste du tri à
l'ensemble de nos emballages et sur le développement d'une
industrie du recyclage en France.
La relative méconnaissance du problème
économique posé à nos communes par la gestion
des déchets ménagers, l'incrédulité des
acteurs impliqués quant au réalisme des textes
réglementaires et le poids des habitudes auront
singulièrement retardé la mise en marche du
dispositif.
Aujourd'hui la machine est en marche et la valorisation des
emballages incontournable. Par rapport à la quantité
d'emballages mis sur le marché par ses producteurs,
Eco-Emballages a atteint en 1997 un taux de valorisation de 55 %
dont un taux de recyclage de 41 %. A la fin de 1998, près de
20 millions de Français jettent utile : 1 français
sur 3 est un « trieur ».
La bataille des 75 % est encore loin d'être gagnée
mais ces cinq premières années auront permis
d'établir entre les différents partenaires les
relations de confiance nécessaires pour arrimer le
dispositif sur des bases économiques solides.
Dotée d'une capitalisation d'expérience solide,
Eco-Emballages vient de renforcer et de réviser à la
hausse son soutien financier aux collectivités locales
engagées dans la collecte sélective des emballages
à recycler.
Élaboré en concertation avec l'Association des
maires de France, ce nouveau barème présente cinq
atouts pour les collectivités partenaires : il prend mieux
en compte les apports des habitants et les coûts
observés sur le terrain, il apporte une réponse plus
adaptée à la dynamique des programmes - de leur
démarrage jusqu'à leur maturité - en
renforçant le soutien financier au démarrage, il
pérennise le soutien financier à la communication
locale, il tient compte des difficultés liées aux
contextes locaux et aux différents types d'habitat, et il
généralise à tous les matériaux le
soutien à la tonne triée, basé sur les apports
des habitants.
En application du dispositif emplois-jeunes mis en place par
l'État, nous venons de prendre l'engagement d'investir 360
millions de francs pour soutenir la création de 3 000
ambassadeurs du tri dans les collectivités partenaires et
renforcer ainsi la communication de proximité
d'Eco-Emballages auprès des citoyens.
Un seul objectif nous guide : accélérer le
recyclage de nos emballages. Recycler ces emballages, leur donner
une seconde vie, développer les marchés de produits
recyclés ne sont ni une mode ni une action caritative, ils
vont au-delà de la lutte contre le gaspillage et contre la
pollution. Ils participent à une volonté collective
de créer et de pérenniser une activité
économique nouvelle, soutenue durablement par le secteur
industriel et qui soit, à terme, créatrice d'emplois
et de richesses nouvelles.
La réussite du programme Eco-Emballages repose aussi sur
notre capacité à susciter et à inscrire dans
la durée l'adhésion de nos concitoyens qui sont des
partenaires actifs et exigeants. L'effort quotidien que nous leur
demandons - trier les emballages - exige en contrepartie une
information pertinente sur l'utilité de ce geste.
Notre rôle est de leur délivrer cette information
et d'amplifier au niveau national l'intérêt que
présente le développement du recyclage. Nous le
ferons avec l'État, les collectivités locales et le
monde associatif au cours des prochaines années car nous
connaissons l'importance du temps pour modifier de façon
durable le comportement de nos concitoyens.
Eric Guillon
Directeur
général d'Eco-Emballages