> Consulter > Environnement & Technique n°182 - Décembre 1998

L’importance du temps

L'importance du temps

E n 1992, l'État a donné 10 ans à Eco-Emballages pour mettre en place un dispositif capable de valoriser 75 % des emballages de ces contributeurs. A cette époque, peu de gens étaient prêts à parier sur la généralisation du geste du tri à l'ensemble de nos emballages et sur le développement d'une industrie du recyclage en France.

La relative méconnaissance du problème économique posé à nos communes par la gestion des déchets ménagers, l'incrédulité des acteurs impliqués quant au réalisme des textes réglementaires et le poids des habitudes auront singulièrement retardé la mise en marche du dispositif.

Aujourd'hui la machine est en marche et la valorisation des emballages incontournable. Par rapport à la quantité d'emballages mis sur le marché par ses producteurs, Eco-Emballages a atteint en 1997 un taux de valorisation de 55 % dont un taux de recyclage de 41 %. A la fin de 1998, près de 20 millions de Français jettent utile : 1 français sur 3 est un « trieur ».

La bataille des 75 % est encore loin d'être gagnée mais ces cinq premières années auront permis d'établir entre les différents partenaires les relations de confiance nécessaires pour arrimer le dispositif sur des bases économiques solides.

Dotée d'une capitalisation d'expérience solide, Eco-Emballages vient de renforcer et de réviser à la hausse son soutien financier aux collectivités locales engagées dans la collecte sélective des emballages à recycler.

Élaboré en concertation avec l'Association des maires de France, ce nouveau barème présente cinq atouts pour les collectivités partenaires : il prend mieux en compte les apports des habitants et les coûts observés sur le terrain, il apporte une réponse plus adaptée à la dynamique des programmes - de leur démarrage jusqu'à leur maturité - en renforçant le soutien financier au démarrage, il pérennise le soutien financier à la communication locale, il tient compte des difficultés liées aux contextes locaux et aux différents types d'habitat, et il généralise à tous les matériaux le soutien à la tonne triée, basé sur les apports des habitants.

En application du dispositif emplois-jeunes mis en place par l'État, nous venons de prendre l'engagement d'investir 360 millions de francs pour soutenir la création de 3 000 ambassadeurs du tri dans les collectivités partenaires et renforcer ainsi la communication de proximité d'Eco-Emballages auprès des citoyens.

Un seul objectif nous guide : accélérer le recyclage de nos emballages. Recycler ces emballages, leur donner une seconde vie, développer les marchés de produits recyclés ne sont ni une mode ni une action caritative, ils vont au-delà de la lutte contre le gaspillage et contre la pollution. Ils participent à une volonté collective de créer et de pérenniser une activité économique nouvelle, soutenue durablement par le secteur industriel et qui soit, à terme, créatrice d'emplois et de richesses nouvelles.

La réussite du programme Eco-Emballages repose aussi sur notre capacité à susciter et à inscrire dans la durée l'adhésion de nos concitoyens qui sont des partenaires actifs et exigeants. L'effort quotidien que nous leur demandons - trier les emballages - exige en contrepartie une information pertinente sur l'utilité de ce geste.

Notre rôle est de leur délivrer cette information et d'amplifier au niveau national l'intérêt que présente le développement du recyclage. Nous le ferons avec l'État, les collectivités locales et le monde associatif au cours des prochaines années car nous connaissons l'importance du temps pour modifier de façon durable le comportement de nos concitoyens.

Eric Guillon
Directeur général d'Eco-Emballages

pro-environnement
Copyright
Plan du site