Depuis la publication du rapport Brundtland en 1987, l’Europe a progressé de façon considérable pour réduire et même éradiquer de nombreuses formes de pollution, mais la hausse (moyenne) des revenus et les changements de mode de vie associés entraînent une hausse des émissions de gaz à effet de serre et d’autres impacts environnementaux. La plus grande prospérité de l’Europe et le nombre croissant de foyers contribuent à créer des modes de production et de consommation non durables, une consommation d’énergie plus élevée, une mauvaise qualité de l’air urbain et des problèmes de transport liés à des demandes supérieures de mobilité.
Salif DIOP, Chef de la section Ecosystèmes de la division de l’Alerte rapide et de l’Evaluation, Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)
Ces avertissements figurent dans le rapport Global Environment Outlook 4, GEO-4, le plus récent d’une série de rapports phares du Programme des Nations-unies pour l’environnement
Les pays européens bénéficient d’une bonne gouvernance et d’une coopération avancée sur les questions environnementales, et ils ont donc amplement la possibilité d’appliquer « les leçons apprises » et souvent bien traitées dans l’Union européenne (UE). Tel est le cas pour la mauvaise qualité de l’air urbain et la mauvaise qualité de l’eau, qui causent toujours des problèmes importants en matière de santé et de qualité de vie pour de nombreuses personnes, par exemple en Europe de l’Est.
"Notre futur commun dépend de nos actions aujourd’hui, pas demain ou à un moment du futur "
La sensibilisation publique croissante, liée à la hausse des prix de l’énergie, a donné un nouvel élan politique au traitement du changement climatique en Europe. Pour limiter les effets du changement climatique à un niveau gérable, l’UE a proposé que la température globale ne dépasse pas d’une moyenne de 2 ° C les niveaux préindustriels. Pour atteindre cet objectif, il faut réduire de 60 à 80 % les émissions mondiales dans les pays développés. Si les pays en développement acceptent des engagements en matière de réduction des émissions, ils devront également réduire leurs émissions de façon significative.
La biodiversité de l’Europe est menacée par des problèmes tels que l’extension urbaine anarchique, le développement des infrastructures, l’exploitation forestière illégale et les incendies dus à l’homme. Le changement climatique devrait devenir un facteur essentiel de destruction de la biodiversité, affectant la productivité, le cycle de croissance des plantes et des animaux et la distribution des espèces.
Le principal responsable de la pollution de l’eau en Europe de l’Ouest est l’agriculture avec les nitrates provenant de l’écoulement des engrais et du fumier. Il existe un surplus d’azote élevé dans les sols de nombreux pays ce qui, avec les pesticides agricoles, menace les sources d’eau souterraines.
Toujours selon GEO-4, le futur sera largement déterminé par les décisions que les individus et la société prennent actuellement :
« Notre futur commun dépend de nos actions aujourd’hui, pas demain ou à un moment du futur ». Pour certains des problèmes persistants, les dégâts peuvent déjà être irréversibles. GEO-4 avertit que s’attaquer aux causes sous-jacentes des pressions environnementales affecte souvent les intérêts de groupes puissants capables d’influencer les décisions politiques. La seule façon de traiter ces problèmes plus difficiles exige de déplacer l’environnement depuis la périphérie vers le centre du processus de prise de décision : l’environnement pour le développement, et non un développement obtenu au détriment de l’environnement.