> Consulter > Environnement & Technique n°242 - Décembre 2004

Le développement durable : une responsabilité collective et partagée

Le développement durable : une responsabilité collective et partagée
Par Monique BARBUT


Si nos infrastructures, nos entreprises, notre commerce ne sont pas construits sur les principes du développement durable, ce n’est pas simplement désastreux pour l’environnement, ça l’est également pour les affaires. La prise en compte de l’environnement n’est désormais plus accessoire pour les industries, les entreprises ou encore la communauté bancaire et financière. De plus en plus, industriels, entrepreneurs, banquiers, investisseurs, assureurs réalisent que leur avenir dépend également de leur capacité à contribuer à replacer notre développement économique sur les bons rails.
La mission globale du Programme des Nations Unies pour l’environnement est de montrer la voie, et d’encourager les partenariats pour la protection de l’environnement, en mobilisant, informant et autonomisant les nations et les peuples pour qu’ils améliorent leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures. Au début des années 1990, la division technologie, industrie et économie de ce programme, basée à Paris, s’est engagée dans un travail collaboratif avec les partenaires du secteur privé et du monde de l’entreprise qui le souhaitaient pour améliorer, ensemble, la préservation de notre environnement et sa gestion. Au fil des années, ces initiatives sectorielles volontaires se sont multipliées et couvrent désormais de nombreux domaines, y compris celui des banques et de la finance (Unep-Fi), celui des voyagistes (Tour operator initiative – TOI), celui des télécommunications (GeSI), ou encore celui des acteurs de l’industrie automobile (Mobility forum).
L’ensemble de ces travaux montre, on ne le dira jamais assez, que préservation de l’environnement et efficacité économique ne sont pas antinomiques. Le plus souvent, plus les préoccupations environnementales sont prises en compte en amont du processus de production, plus les gains économiques sont importants.
L’application concrète des technologies liées au traitement des déchets et des pollutions – c’est-à-dire au dernier stade de la production - progresse dans nos pays développés, et cela est bien entendu souhaitable ; nous travaillons d’ailleurs activement à leur diffusion et à leur mise en œuvre dans les pays en développement. Mais en tant qu’entrepreneur d’un pays développé, l’engagement concret en faveur de l’environnement doit s’exprimer bien au-delà : il nous faut nous consacrer de manière plus assidue à une meilleure gestion de l’ensemble du processus de production.
L’approche du cycle de vie - puisque c’est de cela dont il s’agit - est une démarche qui intègre l’ensemble des stratégies de consommation et de production existantes, par opposition à une démarche fragmentaire. Il s’agit de mettre en place des systèmes de consommation et de production optimisés qui n’excèdent pas la capacité de notre écosystème. L’analyse du cycle de vie est un outil d’évaluation systématique des aspects environnementaux d’un système de produits et services à chacune des étapes de leur cycle de vie. Elle peut, à moyen terme, entraîner de réels gains économiques au sein des entreprises : éviter les rejets signifie aussi économiser sur les matières premières et éviter un gaspillage des ressources. Elle peut également contribuer à la démarche prospective de l’entreprise et révéler des produits et des marchés nouveaux.
La mise en pratique d’approches fondées sur le cycle de vie par les industries et les entreprises représente un effort, une contribution de chacun à la réalisation du plan défini au niveau international lors du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002. De tels sommets et les conclusions et les plans d’action qui en découlent sont souvent perçus comme concernant uniquement les organisations internationales ou les gouvernements. Pourtant, le plan de mise en œuvre de ce Sommet stipule : « Nous devons développer des politiques de production et de consommation pour améliorer les produits et services fournis, tout en diminuant les impacts sur l’environnement et la santé, en utilisant, lorsque c’est nécessaire, des approches scientifiques telles que l’analyse du cycle de vie. ». La mise en œuvre de telles pratiques relève de la responsabilité de chaque entrepreneur et de sa volonté de s’impliquer dans la préservation de notre environnement.
De nombreuses associations et fédérations industrielles sont porteuses de ce message et peuvent apporter un appui à la mise en œuvre de telles approches. Des actions volontaires, proactives sont requises de la part de tous.
La préservation de l’environnement est le résultat d’un choix individuel de mise en œuvre de certaines pratiques, mais elle est également un choix collectif dans la mesure où toute action sur les processus de production a des conséquences sur l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement.
C’est donc à un choix résolu, à la fois individuel et collectif, en faveur de telles démarches que je vous invite, pour que nous contribuions, chacun et tous, à la préservation de notre environnement.
pro-environnement
Copyright
Plan du site