Les polluants organiques persistants (POPS) : quel risque sanitaire ?
Tout au long du XXe siècle, des milliers de produits chimiques, parfois entièrement nouveaux, ont été mis en circulation et produits en grandes quantités. Au cours des années 60, il est devenu évident que certains de ces produits avaient été largement dispersés sans précaution dans l’environnement. En particulier, des polluants organiques persistants (Pops) et hautement toxiques, comme les pesticides organo-chlorés (ex : le DDT) et les PCB (polychlorobiphényls), ont entraîné de sérieux dommages aux populations animales. Ces produits ont depuis été interdits, mais sont toujours présents dans un certain nombre d’applications encore en service ou usagées (transformateurs électriques) et dans les milieux naturels, où ils contaminent la chaîne alimentaire. Par ailleurs, d’autres Pops sont actuellement toujours fabriqués, comme les PBB (polybromodiphényls), ou les PBDE (polybromodiphényléthers), dont on a tout lieu de croire qu’ils sont au moins aussi toxiques que les précédents. Il faut y ajouter les célèbres dioxines et furanes, toujours présentes à l’état de traces dans ces produits, et vraisemblablement un certain nombre de composés qui n’ont pas encore été repérés dans l’environnement et dans la chaîne alimentaire. Les dangers et risques associés à l’ensemble de ces produits sont aujourd’hui encore mal connus, mais les principes d’action de ces polluants (contamination de la chaîne alimentaire et bioaccumulation) devraient au moins inciter les pouvoirs publics et en particulier le ministère de la Santé à s’intéresser à la question.
Alain Bessix
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