Tribune / L’Environnement, c’est aussi de la Technique

L’intitulé de cette tribune libre n’est pas qu’un clin d’œil au titre de la revue. C’est avant tout un plaidoyer en faveur d’une plus grande reconnaissance de l’apport des professionnels de l’environnement à la prévention et à la lutte contre les pollutions, ainsi qu’à la protection de la nature et de la santé.
Dominique BERNARD,
Président de l’Afite.L’Afite (1), que j’ai l’honneur de présider depuis près de dix ans, a beaucoup œuvré pour que ces professionnels puissent bénéficier tout au long de leur carrière d’un réseau d’échange de connaissances scientifiques et techniques. L’abaissement continu des valeurs limites d’émissions et une plus grande attention portée aux micro-polluants, entraînent un besoin d’évolution permanente des techniques de mesure et de lutte contre les pollutions. Nombreux sont les professionnels de l’environnement qui travaillent dans des entreprises dont l’activité n’est pas dans le secteur de l’environnement. C’est donc à l’extérieur de leur cadre de travail direct que ces professionnels doivent trouver les informations nécessaires à la mise à niveau de leurs connaissances. La presse spécialisée, cette revue en est une excellente illustration, constitue une précieuse source d’informations. L’explosion de l’Internet a considérablement facilité la recherche d’informations. Rien ne remplacera toutefois la richesse des échanges directs entre professionnels qu’offrent les associations scientifiques et techniques.
Or, force est de constater en France que toutes ces associations, et l’Afite ne fait pas exception à la règle, constatent une baisse continue du nombre des adhérents. Cette baisse est préoccupante, à un moment où les problèmes de pollutions et d’impact santé/environnement deviennent de plus en plus complexes. Elle peut certes résulter d’une inadéquation de l’offre des associations aux attentes des adhérents. C’est une cause sur laquelle nous travaillons pour garantir la réelle valeur ajoutée de nos activités. Nous devons également indéniablement travailler à rendre nos associations plus lisibles et moins confidentielles.
Néanmoins, la qualité des activités proposées par les associations techniques n’est pas mise en cause par ceux qui y participent. L’Afite, qui est membre fondateur de la fédération européenne des associations de professionnels de l’environnement, peut par ailleurs constater que ses activités sont voisines de celles de leurs associations sœurs, qui ne rencontrent pas cette lente érosion de leur nombre d’adhérents. Il faut donc en appeler aux professionnels de l’environnement pour qu’ils participent plus nombreux aux associations scientifiques et techniques, à l’instar de nos collègues européens. Il faut en appeler également aux entreprises pour qu’elles reconnaissent l’apport des associations et incitent leurs ingénieurs et techniciens à adhérer et à participer à la vie associative.
Il faut également en appeler aux pouvoirs publics. Certes, les associations scientifiques et techniques collaborent étroitement avec les services du MEEDDAT et les établissements publics concernés. On peut toutefois sincèrement s’étonner que quasiment aucune de ces associations n’ait été directement associée aux travaux du Grenelle de l’environnement. Nul doute que, portant la voix des professionnels, elles n’aient eu une contribution constructive, très complémentaire de celles des associations écologiques et des entreprises.
J’en appelle donc à une meilleure reconnaissance des associations scientifiques et techniques de l’environnement.
Note : 1. Afite : Association française des ingénieurs et techniciens de l’environnement