Tribune / La diversité : opportunité d’accès au juste prix environnemental et social
René-Louis Perrier,
Président d’EcoLogic.

Fondement d’un développement durable, le principe de la responsabilité élargie du producteur (REP) participe d’un changement subtil mais profond qui, sans renier notre société de consommation, incite à la préservation de l’environnement et de ses ressources naturelles. En effet, la REP permet d’internaliser dans le prix de vente des produits de consommation une partie de leurs impacts environnementaux. Ce mécanisme, simple dans son principe mais complexe dans son application, neutralise l’impact environnemental de l’acte de consommation et s’il est mis en œuvre de manière suffisamment large et efficace aidera la société à poursuivre son développement sans mettre en péril notre planète.
En France, la filière de dépollution et de valorisation des déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) s’appuie sur une véritable responsabilisation financière et opérationnelle des producteurs et constitue une forme aboutie de la REP. Pour que les producteurs exercent cette responsabilité, il est essentiel de leur proposer une palette de solutions efficaces, innovantes, et de leur laisser l’initiative afin qu’ils retiennent la plus adaptée à leurs problématiques sociales et environnementales.
Les pouvoirs publics français ont donc délivré un agrément à quatre éco-organismes au service des producteurs responsabilisés. Cette pluralité est le mécanisme central du dispositif qui permet la régulation économique de la filière et la recherche de solutions innovantes. Elle permet d’éviter des gaspillages voire des abus finalement supportés par les consommateurs.
L’actualité récente nous démontre combien l’unicité de l’éco-organisme prenant en charge la responsabilité des producteurs d’emballages n’autorise pas, en cas de dérive, une réelle sanction par le marché ou les autorités publiques. De fait, la compensation des pertes observées ne s’envisage que par l’augmentation, dès janvier 2010, des contributions à charge des consommateurs. Cette augmentation aura en outre l’effet paradoxal de renforcer l’éco-organisme en défaut en accroissant son chiffre d’affaire. Un système basé sur la pluralité aurait sans nul doute permis d’instaurer un avantage concurrentiel au bénéfice des sociétés à la gestion plus rigoureuse et, par suite, au service de l’intérêt général.
Les filières REP sollicitent un grand nombre d’acteurs qui s’investissent personnellement et financièrement dans leurs développements. Elles demandent de la part des usagers un effort significatif en termes de tri et de collecte sélectifs. Il est impardonnable de décevoir ces énergies et d’utiliser la conviction sincère, le dévouement et les ressources des citoyens à des fins qui ne sont pas purement environnementales ou sociales.