> Consulter > Environnement & Technique n°275 - Avril 2008

TRIBUNE : Les services publics de l’environnement face à leurs risques

François MAUVAIS
directeur général de l’Astee (Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement).

La journée internationale de l’eau du 22 mars dernier a été l’occasion de rappeler que 2008 a été déclarée année de l’assainissement par les Nations-Unies. L’Astee saisit l’occasion d’ouvrir son congrès annuel de juin à Nîmes par une journée dédiée à ce thème : quels sont les enjeux, au niveau mondial, de l’assainissement. Plus de 2 milliards d’individus ne bénéficient pas de toilettes raccordées à un système d’assainissement, si simplifié soit-il ! 85 % des pollutions d’origine humaine et industrielle sont déversées sans aucune épuration. C’est la principale cause d’épidémies hydriques et de mortalité dans le monde. Réaliser des systèmes de traitement des eaux usées pour assurer la préservation des ressources en eau, pour l’environnement et la santé des populations : voilà l’objectif, mais quels remèdes et quelles techniques mettre en œuvre ? Cette journée exceptionnelle, visant à mobiliser les acteurs français de la coopération internationale dans le domaine de l’eau, sera là pour tenter de répondre à ces questions.

Plus largement, ce congrès de l’Astee abordera l’ensemble des risques susceptibles de toucher nos services publics : inondations et sécheresses, pollutions, risques énergétiques… et essayera de répondre aux questions : comment assurer la gestion de nos services publics en période de crises et, au-delà, comment prendre en compte les changements annoncés sur un plus long terme ?

Les infrastructures sont généralement construites pour une durée de vie d’au moins deux générations. Que nous faut-il prévoir dès à présent dans les prescriptions techniques des cahiers des charges pour leur réalisation et pour leur maintenance de manière à ce qu’elles puissent répondre le mieux possible à leur fonction, aujourd’hui et dans cinquante ans ?

A Barcelone, l’année dernière, lors de la conclusion du 86ème congrès de l’Astee, nous avions constaté qu’il nous fallait continuer les analyses, renforcer les études et les réflexions sur l’adaptation aux risques des services publics et des ressources aquatiques. Depuis, nos commissions techniques ont continué et amplifié leurs travaux, en créant même des groupes de travail transverses sur les sujets récents que sont l’empreinte environnementale des services d’eau potable, de collecte et de traitement des eaux usées et des déchets ou encore le devenir des eaux usées.

Le groupe de travail « Empreinte environnementale des services publics », notamment, a été créé dès septembre 2007 pour répondre à cet engagement. Il s’agit, dans un premier temps, d’élaborer un guide méthodologique sur le bilan carbone des systèmes d’eau potable et d’assainissement. Ses premières conclusions seront, nous l’espérons, connues pour le congrès 2009.

D’autres risques pour les services publics et les milieux doivent être analysés, tels que les risques extrêmes : inondations et sécheresse, avec notamment les risques quantitatifs et qualitatifs susceptibles d’affecter la ressource, mais également ceux liés à la conception des réseaux dans un contexte évolutif tel que celui du changement climatique. En particulier, un point sera fait sur les questionnements liés aux branchements d’eau potable en PEHD, inox et cuivre. Le dossier des sédiments contaminés issus du curage de rivières et canaux et de leur destination sera également discuté. La session « Déchets et propreté » sera placée sous l’angle de la gestion des déchets en temps de catastrophes : inondations de Nîmes en 1988, du Rhône en 2002, ouragan Katrina en 2005 : quels enseignements et quelles solutions tirer de ces événements ?
Enfin, la session « Eau potable » se placera délibérément dans la gestion de crises : inondations et sécheresses.


pro-environnement