Tribune / Outils verts pour économie dans le rouge
En novembre, les députés ont adopté à la quasi-unanimité le Projet Grenelle 1. Issus des réflexions de la société civile, les engagements du texte rassemblent tous les Français, quelque soit leur couleur politique. Pourtant, à en entendre certains, quand la crise s’annonce, que des mois de récession se profilent à l’horizon, l’écologie serait le cadet de nos soucis. Nous n’ignorons pas les difficultés, mais on ne peut pas indéfiniment poser des rustines sur une économie à plat. Les hommes politiques doivent ouvrir de nouvelles voies. Sans vouloir être trop optimiste, le Grenelle en est une : il propose des solutions pour une économie plus soutenable à long terme.
Sébastien GENEST
Président de France Nature Environnement© sncf-mediatheque
La sobriété énergétique, la réduction des emballages ou l’utilisation des ampoules basse consommation sont en réalité des réflexes de bon père – ou de bonne mère de famille. Nul besoin d’être écolo pour en comprendre la portée.
À grande échelle, le Grenelle est aussi une boîte à outils pour réinventer notre économie afin de s’engager sur la voie de la nécessaire transition socio-économique. Il offre des opportunités pour améliorer notre pouvoir d’achat. Il encourage les entreprises innovantes, la création d’emploi. D’un point de vue pragmatique, il invite les acteurs de notre économie à réinvestir notre territoire.
Prenons le cas des photocopieuses : quand une industrie de produits se transforme en industrie de services, l’environnement y gagne. Certains prestataires ont compris qu’en vendant la maintenance de leurs appareils plutôt que les appareils eux-mêmes, ils avaient tout intérêt à utiliser des photocopieuses au cycle de vie plus long, qui tomberaient moins souvent en panne. Ils ont ainsi réduit le poids de leurs déchets. Qu’on ne s’y méprenne pas, ceci n’est absolument pas un encouragement à imprimer vos mails !
Plus largement, on le sait, la crise que nous vivons aujourd’hui a débuté par une crise des marchés financiers, qui se sont peu à peu déconnectés de la réalité de notre économie. Assainir la situation économique implique un retour à un système basé sur la production de richesses, ce qu’on appelle communément « l’économie réelle ». Mais ce changement de cap risque de mettre un peu plus en lumière la raréfaction des ressources.
Certes, le Grenelle est un compromis et France Nature Environnement continuera à jouer son rôle de sentinelle lors de l’examen du Grenelle 2. Mais au moment où les difficultés économiques retrouvent le devant de la scène, cette loi incite les politiques à prendre en compte la planète. Nous souhaitons que le Gouvernement fasse du Grenelle 2, mais aussi du plan de relance, l’outil que chacun attend. En 2009, comme depuis quarante ans, FNE veillera à ce que le sort de la planète ne soit pas bradé. Nous alerterons les institutions et le grand public chaque fois qu’il y a péril pour l’environnement.