Déchets / Urbaser Environnement serait à vendre
Cette filiale « déchets » d’un groupe espagnol de BTP a remporté, ces dernières années en France, plusieurs contrats, dont certains importants (Fos-sur-Mer, Romainville). Environnement & Technique n°281, novembre 2008.
Selon plusieurs sources concordantes, la société de traitement de déchets Urbaser Environnement, filiale française du groupe espagnol Urbaser SA, elle-même filiale du groupe de BTP espagnol ACS, serait à vendre. Au siège d’Urbaser Environnement, à Montpellier, on ne dément ni ne confirme l’information.
Une chose est sûre : la maison mère d’Urbaser Environnement, Urbaser SA, est elle en vente, le groupe ACS, qui totalise plus de 18 Md€ de dettes, souhaitant réorganiser son activité.
Urbaser Environnement a fait, ces dernières années en France, une percée remarquée sur le marché du traitement des déchets ménagers. Elle a remporté en particulier deux gros contrats de construction et exploitation : avec Marseille Provence Métropole pour son usine d’incinération, tri et méthanisation de Fos-sur-Mer (410 000 t/an, délégation de service public de 20 ans), et avec le Syctom de l’agglomération parisienne pour son centre de tri et de méthanisation de Romainville (400 000 tonnes/an, DSP de12 ans). Elle a aussi dans son portefeuille :
— l’exploitation de l’usine de méthanisation de Varennes-Jarcy (Sivom de l’Yerres et des Sénarts, Essonne, 100 000 t/an pendant 12 ans),
— celle de l’usine de méthanisation de Calais (27 000 t/an, 5 ans),
— une DSP pour la construction et l’exploitation de l’usine de tri, méthanisation de Pointe-à-Pitre (140 000 t/an, 20 ans),
— une autre pour la réalisation et l’exploitation d’un centre de pré-traitement mécano-biologique avant enfouissement à Roanne (85 000 t/an, 25 ans).
Urbaser Environnement détient également, via sa filiale Valorga International, le procédé de méthanisation Valorga à digesteurs verticaux, quelque peu controversé. Plusieurs sites le mettant en œuvre ont en effet connu des difficultés techniques parfois importantes, avec par exemple l’obligation de vider totalement des digesteurs suite leur bouchage (problème rencontré sur un digesteur à Varennes-Jarcy et sur un autre à Barcelone). Les défenseurs du procédé mettent en avant des erreurs d’exploitation comme sources des problèmes.
Selon plusieurs observateurs, Veolia Propreté pourrait être un acheteur probable d’Urbaser Environnement, qui lui a ravi plusieurs marchés. Si cette hypothèse se réalisait, cela n’arrangerait pas vraiment la situation de la concurrence en France dans le traitement des déchets, les deux grands Veolia Propreté (groupe Veolia) et Sita (groupe Suez Environnement) détenant déjà environ les deux tiers du marché.
OG.