Grenelle de la mer / Vers une politique maritime ?
Le Grenelle de la mer aborde désormais son 3e rendez-vous, celui des tables-rondes. Le programme des discussions s’annonce chargé. Retour sur les caps fixés par les groupes de travail.
« Ce qui me semble important, ce n’est pas tant le nombre de propositions, c’est qu’il y ait une méthode pour enclencher le processus permettant d’avoir une politique maritime à l’horizon 2020», affirme Christian Buchet, directeur du Centre d’études sur la Mer (CETMER) et président du troisième groupe de travail.
Du 6 avril au 9 juin, les quatre groupes de travail(1) du Grenelle de la mer, composés de cinq parties prenantes (État, collectivités, associations, entreprises et syndicats), se sont réunis pour débattre des orientations de la stratégie nationale pour la mer et le littoral.
Au final, même si certains regrettent quelques points de blocages et le lobbying de certains acteurs, les discussions ont abouti à près de 800 propositions.
Un élément est revenu dans l’ensemble des groupes de travail : l’importance de l’Outre-mer. Avec plus de 11 millions de km2, la France est la seconde zone économique exclusive du monde par sa superficie. L’Outre-mer représente 97 % de cette surface.
« Il n’y aura pas de politique maritime sans que l’Outre-mer soit un acteur de premier plan », souligne Christian Buchet.
Pour le reste, parmi les principales orientations, on peut retenir la volonté de création d’un conseil des bassins hydrographiques, du littoral et de la mer, le développement de la connaissance fondamentale du milieu marin, aux niveaux national, européen et international, la protection des milieux et restauration de ceux qui sont dégradés, la prise en compte du changement climatique, le lancement d’un inventaire des outils réglementaires et l’identification des obstacles à leur mise en cohérence, la maîtrise de l’urbanisation, l’organisation d’une filière de démantèlement et de recyclage des navires, l’amélioration de la gestion des ressources halieutiques et du développement les cultures marines, la définition et la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse pour les énergies marines renouvelables.
Pour le troisième groupe, l’ensemble des possessions françaises pourrait être perçu comme « l’Archipel France ». Un outil, « l’agence nationale de l’Archipel France » pourrait permettre tous les six mois de réunir les acteurs maritimes pour faire remonter les propositions et vérifier que les décisions prises au préalable sont appliquées. « Si nous ne mettons pas en place ce genre d’outil, un certain nombre de décisions emblématiques seront prises mais qui n’engageront pas l’avenir », estime le président du groupe de travail.
Du 9 au 24 juin, les Français ont pu donner leur opinion sur les différentes propositions, sur le site internet du Grenelle de la mer. La prochaine étape s’ouvre avec les tables rondes cet été qui produiront le document à la base des négociations du conseil interministériel de la mer.
1. Groupe 1 : La délicate rencontre entre la terre et la mer, Groupe 2 : Entre menaces et potentiels, une mer fragile et promesse d’avenir, Groupe 3 : Partager la passion de la mer Groupe 4 : Planète mer : inventer de nouvelles régulations