Energie / CETH2 innove dans la production d’hydrogène sans émission de CO2.
CETH2 a récemment présenté des innovations qui permettent d’envisager une production d’hydrogène sans émission de CO2 à grande échelle.
La Compagnie européenne des technologies de l'hydrogène (CETH2) conçoit, développe et fabrique des systèmes et des composants de production et de purification de l’hydrogène (électrolyseurs d’eau et reformeurs de bioéthanol). Alors que l’essentiel de la production mondiale d’hydrogène est réalisée par réformage du méthane, technologie émettrice de CO2 fossile, l’entreprise développe trois technologies, protégées par 14 brevets, de générateurs d’hydrogène visant à s’affranchir de cette contrainte carbone : par réformage de l’éthanol, par électrolyse, et par décomposition de l’eau par voie solaire. Elle a récemment apporté des innovations dans chacune de ces catégories.
Réformage de l’éthanol
La technologie de réformage de l’éthanol permet de produire de l’hydrogène à partir de biomasse végétale, notamment avec des déchets végétaux. « Nous avons réalisé une première mondiale en avril 2010 en présentant le premier réformeur d’éthanol à membrane d’une capacité de 1 m3/h, indique Pascal Morand, directeur général de CETH2 ; ce modèle peut être embarqué dans un véhicule ou constituer une source de production d’énergie décentralisée de type cogénération domestique pour l’habitat ». Un modèle d’une capacité de 5 m3/h devrait être présenté fin 2010. A titre indicatif, un véhicule à pile à combustible tel que la Honda Clarity consomme en moyenne 700 g d’hydrogène pour 100 km, soit 7,7 m3.
Electrolyse
Cette technologie bien connue permet de produire de l’hydrogène et de l’oxygène par décomposition électrique de l’eau. Toutefois, « les électrolyseurs actuels utilisent généralement des électrolytes liquides à la potasse, mentionne Pascal Morand. CETH2 les a remplacés par un électrolyte solide à membrane polymère échangeuse de protons qui permet de séparer les 2 gaz. Cette technologie permet d’atteindre en continu un niveau de production de 250 m3/h, avec un hydrogène pur à plus de 99,5 % ». Un premier électrolyseur de ce type à régulation de charge haute capacité (12 m3/h) a ainsi été présenté au mois de juin. Ce type d’application pourrait être utilisé par les stations service, ou par l’industrie chimique utilisatrice d’hydrogène et d’oxygène. Elle permet en effet une production d’hydrogène décentralisée, d’où une économie sur le coût de transport des bouteilles et d’affranchir l’utilisateur des contraintes et de la dépendance des livraisons. Cela permet aussi de produire de l’hydrogène pendant la nuit à des conditions économiques en utilisant le courant produit par les centrales nucléaires. « Cette technologie permet aussi un fonctionnement à partir d’énergies intermittentes comme le solaire, note Pascal Morand ; la production peut en effet démarrer en quelques dizaines de secondes ».
Décomposition de l’eau par voie solaire
La technologie solaire thermodynamique permet d’envisager la production d‘hydrogène par décomposition de l’eau à très haute température, la chaleur nécessaire étant obtenue par concentration du rayonnement solaire. Cette technologie est encore en phase de R&D. « Le concept a été développé par Claude Etiévant, l’homme à l’origine de la centrale Thémis et fondateur de CETH2, souligne Pascal Morand ; nous avons d’ores et déjà déposé des brevets et nous disposons d’unités qui permettent de mettre au point le procédé ».
Pascal Morand affiche une grande confiance dans les perspectives de développement de son entreprise : « En termes d’impacts, nos technologies ont un potentiel d’économie d’émissions de CO2 comparable à celui des bâtiments à énergie positive. Outre son rôle potentiel dans les transports, l’hydrogène constitue un moyen de stockage des énergies intermittentes en fort développement, il peut aussi contribuer à l’alimentation électrique des sites isolés. Dans l’immédiat, nos clients sont les groupes gaziers, les grands industriels (utilisateurs du secteur de la chimie), les collectivités locales qui cherchent à développer des stations services en zones d’activités, notamment avec les industriels de la logistique, ou pour alimenter des flottes de bus : il existe déjà plusieurs projets de ce type. »