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La Dreal, une direction multidisciplinaire et une approche transversale

L'année 2009 a vu la naissance des Dreal (Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement), issues de la fusion des Diren (Direction régionale de l'Environnement), des DRE (Direction régionale de l'Equipement) et des Drire (Directions régionales de l'Industrie de la Recherche et de l'Environnement . Retour sur les apports de cette nouvelle organisation avec Philippe Ledenvic, Directeur de la Dreal Rhône-Alpes.

 Qu'a apporté la nouvelle organisation en « Dreal » dans la réalisation de vos missions ?

 Notre direction est devenue multidisciplinaire. Des ingénieurs, des techniciens issus de l'industrie, de l'équipement, de l'agriculture, du génie sanitaire, etc. qui étaient avant dans des directions séparées se retrouvent désormais dans la même structure.
Cette nouvelle organisation a permis plus d'anticipation dans la mise en œuvre des politiques publiques : auparavant lorsque des politiques s'opposaient, la seule solution était d'arbitrer entre les enjeux.
En promouvant la transversalité interne, nous construisons les politiques publiques plus que nous les appliquons. Le plus souvent nous arrivons à trouver des solutions et l'arbitrage qui était la règle devient une exception. Et lorsque que ce dernier s'avère nécessaire, l'autre vertu de cette nouvelle structure est que les compétences complémentaires de nos équipes apportent un éclairage de manière à ce que l'arbitrage soit rendu de façon objective. Dans la période antérieure, ils étaient rendus dans une logique de pouvoir et d'enjeu : c'est celui qui avait le meilleur avocat qui gagnait ... Je plaisante à peine !



Comment sont organisées les Dreal ?

Cinq grands thèmes fédèrent les agences de la Dreal : le premier concerne les ressources et les milieux avec des sujets comme l'eau, l'énergie, les déchets, les matériaux, la biodiversité, etc., le second appréhende les risques industriels et naturels, le troisième est constitué par les transports et véhicules, notamment ce qui concerne la profession des transporteurs routiers mais aussi la sécurité routière; le quatrième porte sur l'aménagement des territoires et les infrastructures et le dernier s'intéresse aux logements. Ces 5 grands thèmes ont été retenus pour structurer la Dreal mais nous couvrons la globalité des politiques du nouveau ministère de l'Ecologie.
La réforme du ministère avec la révision des politiques publiques a conduit à la rationalisation générale de l'organisation de l'Etat à la fois aux niveaux central et territorial.


Pourriez-vous illustrer cette nouvelle approche avec l'exemple d'une de vos missions ?

En Rhône-Alpes, nous avons réalisé pour le préfet de région un travail sur la promotion de la filière photovoltaïque. Typiquement au départ, cette mission découle de la politique énergétique de la France. Différentes questions se posent : quelle est la rentabilité d'une installation, est-elle compatible avec l'environnement ? Qu'est ce qui s'oppose à la rentabilité économique d'un projet ? Comment répondre aux questions concernant le Code de l'urbanisme ?
Nous avons pu faire jouer l'interdisciplinarité, en interne de la Dreal mais aussi avec les deux autres directions régionales - de l'Agriculture, et la direction régionale, de l'Emploi du Travail et la Formation professionnelle . Grâce à cette vision d'ensemble, nous avons pu trouver des solutions et être force de proposition vis à vis de l'échelon nationale. Nous commençons à avoir les outils pour que le photovoltaïque se développe au niveau régional.
Nous pouvons alerter les entreprises et les collectivités, sur les problèmes concrets qu'elles peuvent rencontrer sur le terrain et les conditions qui facilitent le projet.



Quels sont les moyens des Dreal ? Ont-ils étaient renforcés ?



Au niveau régional, les missions et les moyens ont été renforcés. Par contre au niveau départemental, par exemple, l'Etat a décidé d'abandonner la mission d'ingénierie publique concurrentielle.
Nous avons également supprimé les doublons : certaines personnes suivaient les mêmes dossiers dans des services différents. Le changement de logique dans l'organisation vise à mettre en synergie les moyens plutôt que les mettre en opposition.



Cette transversalité n'implique-t-elle pas moins de disponibilité pour chaque dossier ?

Paradoxalement non. En terme de management, j'ai renforcé l'autonomie de mes collaborateurs avec une obligation qui est de se parler : nous ne sommes plus dans un mode pyramidal mais transversal et responsabilisant. Dès lors qu'un collaborateur identifie qu'il y a une autre équipe qui est concernée et qui pourrait être en désaccord avec lui, il amorce le dialogue.

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