> Consulter > Vertitude n° 28 - Octobre-Novembre-Décembre 2007
Acheter responsable : tout le monde peut le faire.
Par Elisabeth Laville,
fondatrice d'Utopies et de mescoursespourlaplanete.com
Les 10 conseils d’Elisabeth Laville
1. S’informer, pour agir.
Demandez aux commerçants, aux entreprises (via leur service commercial ou leur numéro vert par exemple) de faire face à leurs responsabilités et de vous faire connaître l’histoire des produits que vous achetez. Renseignez-vous sur les enjeux sociaux ou environnementaux de ces produits et intégrez-les à vos achats les critères qui sont importants pour vous.
2. Réduire, réutiliser, recycler.
Ce trio gagnant, connu des industriels, doit être redécouvert. D’abord, réduire : cela ne sert à rien d’acheter ce dont vous n’avez pas besoin et si nous vous décidez malgré tout à acheter quelque chose, il suffit d’opter pour le produit le plus « responsable » ! Ensuite, réutiliser : achetez des objets d’occasion, des objets réparables (cela vous permettra de changer une pièce plutôt que tout l’appareil) et utilisez les objets que vous avez achetés tant que vous le pouvez. La France est en train de constater, avec la fin des sacs plastique de caisse dans les supermarchés, qu’il est possible de se passer de ce que l’on croyait indispensable et de passer, comme le dit une campagne du WWF, « du jetable au durable ». Enfin, recycler : il faut le faire dès que nous le pouvons, en sachant que le recyclage correspond quand même à la production de nouveaux biens, une production certes un peu moins gourmande en ressources…
3. Penser global, agir local.
En clair : si vous achetez, pour un restaurant ou pour votre famille, de la nourriture de saison produite localement, essayez de travailler près de chez soi pour réduire les transports, etc. Votre région, votre environnement, et donc votre qualité de vie ne pourront que s’en trouver mieux !
4. Limiter autant que possible le recours à tout ce qui utilise du carburant ou de l’électricité, de la voiture aux micro-ondes.
Tout ce que nous pouvons faire pour réduire notre consommation d’énergie, directe (par exemple le congélateur) et indirecte (par exemple les surgelés et ce qu’il faut d’énergie pour les produire, les conserver, les transporter, les vendre), va dans le bon sens !
5. Faire attention à ce que l’on mange.
Si nous ne le faisons pas pour notre santé et celle de nos enfants, il faut le faire pour la santé de la planète. Au bout du compte, cela revient au même, d’ailleurs, on le sait désormais… Et en plus, c’est l’un des domaines les plus simples pour agir au quotidien, l’alimentation étant la première source d’émissions de CO2 dans la vie d’un citoyen.
6. Limiter l’utilisation d’ingrédients chimiques toxiques (ou soupçonnés de l’être) dans notre quotidien en privilégiant les produits qui n’en contiennent pas…
Certes, on trouvera toujours des experts pour défendre telle ou telle pratique et nous expliquer qu’on a toujours fait comme cela, et que si c’était toxique, on le saurait ! Mais gardons en tête que, sur la plupart des sujets aujourd’hui, les experts ne sont plus unanimes – et on a vu avec l’amiante que les experts pouvaient se tromper… A chacun donc de se renseigner et d’appliquer dans sa vie quotidienne le fameux principe de précaution sur les sujets qui lui importent !
7. Voter… avec et sans son panier !
Il existe peu de moyens de pousser les entreprises à se comporter de manière plus responsables et d’encourager celles qui ont le courage de le faire avant les autres : les citoyens en détiennent deux, l’un à travers leurs choix de consommation et le second à travers leur vote qui peut soutenir des choix politiques et réglementaires sur les sujets qui sont importants pour eux, pour généraliser les pratiques les plus responsables. La prochaine fois que vous votez, étudiez attentivement les programmes des candidats sur les sujets qui vous importent, notamment sur les questions sociales et environnementales et votez sur cette base.
8. Accorder son soutien aux innovations
intelligentes, manifestement plus respectueuses des personnes et de la planète.
Plus de 60 % des gens estiment que le respect de l’environnement et la qualité sociale de la production sont compatibles avec la recherche de profit d’une entreprise : autant privilégier les produits des entreprises qui font ce pari, c’est la meilleure façon de leur envoyer un message sur la pertinence de leurs efforts et la nécessité de les poursuivre !
9. Faire des priorités, et réfléchir d’autant plus que l’on achète des objets importants (un réfrigérateur est plus important qu’une pomme… même s’il est vrai qu’avec la miniaturisation croissante, les petits produits électroniques sont une exception qui mérite toute notre attention !).
10. Remplacer la culpabilité par l'action
(la consommation responsable ne doit pas être triste… sinon elle n’a pas d’avenir !) et apprécier tout ce qui nous est donné, gratuitement, puisque cela n’appartient à personne et à tous à la fois : l’eau, l’air pur, les arbres, les oiseaux… Ils sont les fondements de la vie et s’ils disparaissent, nous disparaissons aussi. Or, si l’on en croit le bilan de l’état de santé des écosystèmes de la planète publié par l’ONU en 2005 , 60 % des écosystèmes permettant la vie sur Terre ont été dégradés. La bonne nouvelle, c’est que c’est à nous de décider.