> Consulter > Vertitude n° 16 - Avril 2004

Arrêtons de communiquer plus, pour communiquer mieux

Les faits remontent à la mi-janvier. Au 14, précisément. Les hypermarchés Carrefour France décident de lancer, à grands frais, une campagne de publicité sur le thème du développement durable. Le consommateur est harangué de toute part : affiches 4X3, bannières Internet, bandeaux et pleines pages dans des hebdomadaires et des mensuels nationaux et régionaux, etc. Jusque-là, rien de bien répréhensible. Le message passe. La polémique enfle. Ce qui est reproché à Carrefour, ce n’est pas tant de modifier sa politique d’achat ou ses moyens de production, de promouvoir le commerce équitable ou de respecter davantage les hommes et l’environnement. Non, bien au contraire. Ce dont on l’accuse, c’est de faire de la récupération publicitaire – un brin moraliste ! - sans donner, en contrepartie, des preuves tangibles de l’ampleur et de la cohérence de son engagement en faveur du développement durable. Certes des chiffres sont donnés mais comment être sûr de ce qui est avancé, et surtout comment les vérifier ? Alter-mondialistes et écologistes crient à la manipulation, à l’usurpateur !
Carrefour n’est pas le seul dans ce cas : Colas, AREVA, Toyota, La Poste, Gaz de France, etc. La proportion des entreprises du Cac40, qui font du développement durable, ne cesse de croître et toutes tiennent à le faire savoir. Dans leurs slogans publicitaires, il n’y a généralement qu’un mot qui change… Tout devient durable.
Se pose alors une question : comment distinguer l’engagement de l’argument publicitaire ?

Christian Veyre.

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