Catastrophes & Risques majeurs
Vertitude n° 18 - Avril 2005


Une actualité omniprésente
Le 26 décembre dernier, un tsunami frappe 12 états riverains de l'Océan indien. Avec près de 300 000 victimes, c'est la
deuxième catastrophe la plus meurtrière de l'humanité. Elle fait partie des 332 catastrophes (116 naturelles et 216 techniques) dénombrées en 2004, un chiffre qui s'accroît depuis plusieurs années. La communauté scientifique constate que l’accélération des phénomènes extrêmes ont augmenté. De plus, la déforestation, l’explosion des transports, les aménagements anarchiques et les concentrations urbaines ont considérablement aggravé leurs impacts, humains et économiques. Les pays pauvres payent le prix fort avec près de 70 % des pertes humaines, liées aux catastrophes naturelles.
”La définition que je donne du risque majeur, c'est la menace sur l'homme et son environnement direct,
sur ses installations, la menace dont la gravité est telle que la société se trouve absolument dépassée
par l'immensité du désastre”, Haroun TAZIEFF.
Définition
Singularité et ampleur. Deux critères caractéristiques du risque majeur. Mort et destruction. Deux mots indispensablespour qualifier une catastrophe et souvent inversement proportionnels entre les pays développés et les pays en développement. En effet, une catastrophe se produit si rarement que l’homme et la société sont enclins à l’ignorer. Sa gravité ensuite dépendra du nombre de victimes et de l’importance des dommages aux biens et à l'environnement. On peut dégager deux grandes catégories de risques majeurs. Les risques naturels comprennent les avalanches, feux de forêt, inondations, mouvements de terrain, cyclones, tempêtes, séismes et éruptions volcaniques.Les risques technologiques, d'origine anthropique, regroupent les risques industriels, nucléaires et biologiques.Toutefois, la différence entre les risques naturels et technologiques est de plus en plus ténue. Les activités humaines accroissent les conséquences des catastrophes dites naturelles.
La multiplication des constructions en zone inondable en est l’exemple le plus connu.
Enfin, se distinguent les catastrophes multiévènementielles (Cf. La réponse aux catastrophes) dans leur déroulement.
Des épidémies ou des tsunamis peuvent suivre des séismes et en augmenter les conséquences. On parle de risque majeur que s'il intervient dans une zone peuplée et économiquement développée. Un séisme en plein désert n'est pas un risque, mais un séisme à San Francisco constitue un risque majeur. L’aggravation des risques liés à l’industrialisation a développé une crise de confiance au sein de l’opinion. La sûreté des installations et l'efficacité des politiques publiques sont remises en cause. La société civile réclame
une plus grande prévention des risques et une meilleure protection des populations.

Atlas mondial du développement durable - 2004 - coédition : Comité 21 - Autrement