> Consulter > Vertitude n°24 - Octobre-Novembre-Décembre 2006

Eau'rizon 5ème étape : région du tamil Nadu (Inde)



Dernière étape pour nos amis d’Eau’rizon qui rappelons-le sont partis pendant un an à travers le monde pour réaliser des missions sur le thème de l’hydraulique villageoise. Après une mission au Cambodge, les voici maintenant en Inde, pour leurs dernières missions.

Ce pays ne leur est pas inconnu, trois des quatre globe-trotteurs y sont allés en 2003 avec l’association du père Ceyrac : chantier qui a été à l’origine d’Eau’rizon !

Par l'équipe d'Eau'rizon.


Notre première mission : le système de purification de l’eau au centre de Marakanam

La fondation Veolia nous a octroyé une bourse pour notre chantier en Inde. L’objectif était d’installer un système de traitement d’eau dans le centre de l’association INDP à Marakanam, dans le Tamil Nadu. L’INDP - Intercultural Network for Development and Peace - est une association indienne qui agit pour abolir le système indien des castes et aider les Dalits, caste la plus basse. Afin de mener à bien l’ensemble de leurs activités, l’INDP a construit un centre à Marrakanam au nord de Pondichéry. Crèche, centre culturel, centre d’expositions, école, ce bâtiment est un lieu de rencontre et de partage pour les Dalits.

Nous avons suivi la construction du système de traitement de l’eau. La conception des affiches explicatives du fonctionnement de la machine fut notre contribution au système. Celui-ci permet de fournir de l’eau potable aux personnes travaillant dans le centre enfants de la crèche, professeurs, étudiants…- et aux villageois proches du centre. Il permettra également d’illustrer un camp qui aura lieu en septembre, financé par Eau’rizon. Pendant trois jours, une trentaine d’enfants Dalits, de 12 ans environ, partageront sur le thème de l’eau et de l’environnement.

Notre deuxième mission : installation d’un système de traitement d’eau à China Kalapet

Pendant six semaines, nous avons installé une machine de traitement d’eau dans un village touché par le tsunami de 2004. Une mission pleine de rebondissements !

Après le tsunami, les villages de la côte indienne ont vu leurs ressources en eau potable se dégrader : infiltrations d’eau salée condamnant les puits, pénétration soudaine de polluants dans la nappe principale, etc. Nous avons travaillé avec Pure Water Program, une association d’Auroville et Herb Society, une association spécialisée dans les plantes médicinales qui a élargi son activité à l’hydraulique villageoise suite au tsunami et Aquadyn, un groupe de travail d’Auroville qui assemble les systèmes de traitement d’eau. L’un des villages dans lesquels ces associations travaillent présente une configuration particulière : la partie Nord et la partie Sud s’affrontent autour d’une rivalité ancestrale. Autant dire qu’il était hors de question pour ceux du Nord d’aller chercher leur eau potable à la machine installée au Sud !! Nous avons accepté de financer la machine pour la partie Nord du village, réduite à quelques dizaines de huttes où les gens attendent depuis le tsunami une solution pour récupérer des logements en dur…

Pendant six semaines nous nous sommes battus aux côtés d’Aroumougame et Joy de Herb Society pour installer la machine durant notre séjour. Les obstacles ont été nombreux. Retenons principalement la configuration du terrain qui a longtemps retardé le choix de la source d’eau à purifier. Nous avons finalement connecté l’installation au réseau municipal, moyennant une tranchée de 35 mètres de long et 2,5 mètres de profondeur par endroits… dans le sable ! Toute une histoire…

Nous sommes en Inde… après avoir cru, jusqu’au bout que nous pourrions voir la machine fonctionner avant notre départ, des retards de dernière minute dans les autorisations pour le raccordement électrique nous en ont empêchés… La machine a donc été mise en fonctionnement juste après notre départ.

Mission 2 bis

S’il y a une chose que nous avons apprise lors de nos différentes missions, c’est qu’installer une machine et s’en aller, ça ne sert à rien ! Herb Society attache également beaucoup d’importance à la responsabilisation des villageois bénéficiaires de l’eau potable. La gestion de la machine est remise aux villageois en attendant une éventuelle prise en charge par la municipalité. Les responsabilités sont transférées aux femmes. Celles-ci voient depuis quelques années le développement de “self-help groups”, qui sont des structures de micro-crédit rassemblant une quinzaine de femmes de manière autonome.
Dans ce cadre, Aroumougame travaille pour créer des comités de gestion de l’eau potable, gérés par des femmes. La mise en place est ardue, par exemple lorsque le Panchayat, l’autorité administrative villageoise, voit d’un mauvais oeil le transfert de responsabilités à des femmes… Idéalement, chaque famille devrait payer une roupie par jour pour l’accès à l’eau potable afin de financer l’entretien de la machine.
Ce type d’intervention requiert un suivi rapproché des villageois, ce qu’Aroumougame ne peut plus assurer seul. Il a donc monté un programme d’accompagnement des villageois pour une bonne gestion des machines et une meilleure éducation à l’hygiène… Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de ce programme , qui devrait débuter dans les mois qui viennent.

Mission 3 : animation pour les enfants du père Ceyrac

Comment relier notre thème d’étude, l’eau, et notre envie de partager des moments uniques avec les enfants du Père Ceyrac (orphelins recueillis dans les centres installés par le père Ceyrac) ? L’idée d’organiser un jeu pour sensibiliser les jeunes du centre de Pallakupam aux enjeux liés à l’eau et à l’hygiène, nous est venue. Ce projet nous a permis également de concrétiser, à l’étranger, notre axe “Education”. Grâce aux acquis de nos missions précédentes, notamment au Pérou et au Cambodge, où nous avions pris part aux activités d’éducation, nous avons créé un jeu autour de 4 thèmes : l’eau dans le corps humain, le lavage des mains, l’eau potable et non potable, prévenir et guérir la diarrhée. Avec l’aide d’amis indiens et français rencontrés à Pondichéry, nous avons fabriqué le matériel nécessaire : 4 panneaux illustrant chacun un des thèmes et servant de plateau de jeu, 8 questions à choix multiples, écrites sur des affiches en anglais et tamoul. Dimanche 16 juillet, une centaine de jeunes nous attendent avec leurs traditionnels “Hello sister ! What is your name sister ?”… Cette journée fut extraordinaire pour eux comme pour nous. Même si au moment de leur dire adieu, ils répondirent tous en coeur aux quelques questions récapitulatives que Moni, un ami indien leur lança, nous ne savons pas quel est le réel impact de notre action. Cependant, nous gardons en tête ce que le Père Ceyrac nous répète souvent : “Une pierre dans la mer et toute la mer en est changée”…

Le voyage touche à sa fin mais pas les actions d’Eau’rizon. Nous nous attaquons déjà à la préparation des supports de communication qui vont nous permettre pendant cette année de présenter ce que nous avons découvert pendant cette année extraordinaire ! Tous les détails pratiques de nos présentations, sur notre documentaire en cours de réalisation, sur les expositions photos… sont sur notre site Internet www.eaurizon.org !
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