> Consulter > Vertitude n°24 - Octobre-Novembre-Décembre 2006
Faim et malnutrition dans le monde

815 millions de personnes ont faim
En 1999, on dénombrait 815 millions de personnes sous-alimentées dans le monde, soit 17 % de la population mondiale. Ce chiffre comprend entre 798 millions dans les pays en développement. L’apport calorique moyen par habitant dans le monde est aujourd’hui de 2 720 kcal, le seuil minimal étant fixé par la FAO à 2 350kcal. Mais plus de 50 pays n’atteignent pas ce seuil. La malnutrition s’est considérablement aggravée dans les pays confrontés à la fois à la pauvreté et à une croissance démographique galopante. Entre le milieu des années 1990 et le tournant du siècle, 26 pays ont vu le nombre de personnes sous-alimentées augmenter de 60 millions.
Parmi les 815 millions de personnes souffrant de malnutrition, 777 millions vivent dans les pays en développement, 27 millions dans les pays anciennement socialistes en transition vers l'économie de marché, et 11 millions dans les pays riches. En Asie vivent 61 % des personnes sous-alimentées ; c'est en Afrique noire que se trouve la proportion la plus forte de malnutris : 34 %, contre 17 % en moyenne dans l'ensemble des pays du tiers-monde.
Selon l’UNICEF, 200 millions des personnes sous-alimentées dans le monde sont des enfants. La malnutrition contribue à plus de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans qui interviennent chaque année. Dans les pays en développement, près d’un tiers des enfants de moins de 5 ans, soit 183 millions d’enfants, souffre d’insuffisance pondérale modérée ou grave. Sur l’ensemble de la planète, un recul de l’alimentation artificielle et une meilleure pratique de l’allaitement maternel pourraient sauver la vie de 1,5 million d’enfants par an.
200 millions d’enfants
Principaux facteurs de la malnutrition : pauvreté, corruption, guerres civiles, sécheresse. En Afrique subsaharienne, on trouve des pays dont les résultats dans la réduction de la malnutrition vont du meilleur (Tchad) au pire (Congo). Certains ont consacré leurs ressources à l’intensification de la production agricole, contribuant ainsi à créer de la richesse locale tout en accroissant l’autonomie alimentaire ; d’autres ont dû acheter la nourriture sur les marchés internationaux des denrées, d’autres encore ont reçu des aides alimentaires, en particulier les victimes des guerres civiles.
La réduction des inégalités et de la pauvreté est la première arme de lutte contre la malnutrition. La solidarité internationale, en particulier par l’aide publique au développement et par le commerce équitable, doit jouer son rôle de redistribution des richesses. Ainsi, des associations de consommateurs du monde entier ont lancé ces dix dernières années des campagnes auprès du grand public sur les produits du commerce équitable. En achetant des produits alimentaires (café, thé, chocolat…) distribués selon ces principes (pré-achats pour garantir les filières, rémunération des denrées au juste prix, suppression des chaînes d’intermédiaires), chaque consommateur peut contribuer, même modestement, à aider les pays les plus démunis à acquérir leur autonomie alimentaire.
À l'entrée dans le 3e millénaire, en 2000 à New York, les États Membres des Nations Unies se sont fixés huit objectifs essentiels à atteindre d’ici à 2015. Un des objectifs du Millénaire vise à réduire de moitié le nombre d’habitants qui souffre de la faim.
Sources :
- Atlas mondial du Développement durable, Anne-Marie Sacquet, 2004
- FAO
- OMS
- www.droitsenfant.com