> Consulter > Vertitude n°26 - Avril-Mai-Juin 2007

Présidentielles : nos candidats sont-ils durables ?

Réchauffement climatique, épuisement des ressources, marées noires, pollution atmosphérique : l’urgence est là.

La prise de conscience aussi. Mais quelles sont les véritables préoccupations des français ? Chômage, discriminations, perte du pouvoir d’achat, sensation d’insécurité : nous sommes bien loin du développement durable. Depuis quelques mois cependant - phénomène Nicolas Hulot ou pas - un timide réveil semble se produire…Parmi les électeurs, tout du moins. Car coté candidats, la prise de conscience est moins visible. Pour clarifier leurs positionnements, nous leur avons donc soumis une grille de question. De la biodiversité aux discriminations, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy livrent au fil des pages leurs réponses aux enjeux du développement durable.


Présidentielles 2007 : les priorités des français

Malgré une légère progression, l’environnement ne figure toujours pas dans les premiers rangs des priorités des français. Les urgences restent l’emploi et les inégalités sociales. Analyse.

La grande priorité des français de cette campagne présidentielle : l’emploi. Ce positionnement se retrouve dans les trois vagues successives du baromètre politique du Cevipof (1). A la question, quel est le problème qui vous paraît le plus important ? L’emploi, les inégalités et la hausse des prix recueillent de façon constante la majorité des choix (en moyenne et respectivement : 35%, 12% et 11%).
Au contraire, l’environnement gagne des adhésions au fil des sondages : en queue de liste lors de la première vague, il remonte à une position médiane lors de la dernière enquête. D’une façon plus générale, l’intérêt que lui accordent les français a fluctué en fonction des événements. Figurant parmi le top trois des priorités en 92, il a baissé sensiblement en 99 pour connaître ensuite une chute plus significative après 2001. Les électrochocs de la guerre en Irak, des attentats du 11 septembre ont provoqué un repli vers des valeurs plus sécuritaires. Ce n’est que fin 2005-début 2006 que la préoccupation environnementale des français remonte de quelques points.

Si l’environnement réalise aujourd’hui cette timide percée dans la campagne présidentielle, le développement durable – lui - demeure aux abonnés absents. “Ce terme n’est pas encore compris,” explique Thierry Libaert (2) spécialiste en communication,“depuis deux ans il dispose d’une assez bonne notoriété, mais les français ne mettent pas encore de contenu derrière le titre “. Environ 30 % des personnes interrogées sont ainsi capables de donner une définition. Et ce que recherchent les candidats, ce sont des notions qui parlent clairement aux français.

“De la même manière, la biodiversité est peu utilisée” pointe l’expert. Là encore l’explication réside dans la perception des électeurs. Lors d’un sondage sur leurs priorités en matière d’environnement, environ 66 % des français jugent la protection de l’espèce animale et végétale préoccupante. Lorsque le sondeur parle de biodiversité, ce chiffre chute alors à 30 %. Aujourd’hui, les intentions de vote positionnent Ségolène Royal, François Bayrou et Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène avec des écarts entre 3 et 4 %. “Le potentiel électoral de Nicolas Hulot pourrait permettre aux candidats de se sortir de ce mouchoir de poche,” souligne Thierry Libaert, également membre du comité d’expert de Nicolas Hulot, “s’intéresser fortement à l’environnement est désormais assorti d’un enjeu : nous nous plaçons ici dans un rapport de force électoral”.

Un récent sondage Paris Match Ifop place en effet Nicolas Hulot comme l’une des personnes les plus populaires avec 88 % de bonnes opinions. “Mais maintenant que ce rapport de force a changé de nature, il faut voir comment maintenir la pression pour que les hommes politiques continuent à s’intéresser aux problématiques environnementales” ajoute t-il.

(1) Les données du BPF 2006-2007 ont été produites par le CEVIPOF (centre de recherches politiques de Sciences Pô) avec le soutien du Ministère de l'Intérieur et de l'Aménagement du Territoire. Le BPF 2006-2007 s’est déroulé en quatre vagues de mars 2006 à février 2007. Ces vagues ont été réalisées par l'IFOP.

(2) Thierry LIBAERT est maître de conférences en “Communication des entreprises et des organisations” à l'Institut d'Etudes Politiques deParis, il enseigne les sciences de l'information et de la communication à l'Université Paris-IV (CELSA) en 2ème et 3ème cycles, à l'Université de Saint-Denis de La Réunion (3ème cycle), et à l'université Catholique de Louvain (Belgique). Il est coordinateur des enseignements de communication du MBA Paris4-Celsa. Il est membre du Laboratoire d'Analyse des Systèmes de Communication d'Organisation (Lasco -Université de Louvain La Neuve), du comité de rédaction de la revue "Communication & langages" et du comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot. Aprés avoir été membre de la cellule de veille environnementale du ministère de l'écologie (Ministère Bachelot), il a collaboré au cabinet de Serge Lepeltier.


Le pacte écologique de Nicolas Hulot

“Replacer l’écologie au coeur du débat politique” : c’est l’objectif de Nicolas Hulot pour cette campagne présidentielle.

L’animateur d’Ushuaïa a ainsi invité les candidats à signer son pacte écologique et se prononcer sur ses 5 propositions :

1) Création d’un vice premier ministre chargé du développement durable

2) L’instauration d’une taxe carbone en croissance régulière

3) Réorienter les subventions agricoles vers une agriculture de qualité

4) Une systématisation des procédures de démocratie participative

5) La mise en place d’une grande politique de d’éducation et de sensibilisation

Une quinzaine d’hommes politiques se sont engagés dans cette démarche dont François Bayrou, Marie-George Buffet, Corinne Lepage, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Dominique Voynet, et Antoine Waechter


Les candidats :

Ségolène Royal

Nicolas Sarkozy


Vous trouverez face aux réponses de nos candidats, les avis de nos experts. Qui sont-ils ?


Vous pouvez également consulter les propositions des outsiders en cliquant ici



Ségolène Royal

Parti socialiste

« Faire coexister la lutte contre l’urgence sociale et l’urgence écologie »

Fonctions gouvernementales :

3 avril 1992 - 29 mars 1993 : ministre de l’environnement
4 juin 1997- 27 mars 2000 : ministre déléguée chargée de l’Enseignement scolaire
27 mars 2000 - 5 mai 2002 : ministre déléguée auprès du ministre de l’emploi, chargée de la famille et de l’enfance.



Biodiversité >>>

« Un de nos engagements est de mettre en application le principe du pollueur payeur. Nous pensons également instaurer un réseau national d’alerte sur la biodiversité. Techniquement, tout n’est pas encore arrêté mais il pourrait permettre de mettre en réseau des organismes comme par exemple, le conservatoire du littoral. Notre volonté est de leur donner des moyens financier mais aussi d’alerte un via par exemple, le vice premier ministre. Nous aurons ainsi en permanence d’une part un baromètre de l’existent et d’autre part un contrôle de l’efficacité des mesures prises en matière de principe pollueur payeur, de mesures fiscales, de révision de la loi sur l’eau. Nous voulons également introduire ces questions là à l’éducation nationale dans les programmes scolaires.

Nous voulons réviser la loi sur l’eau, la loi sur la pêche pour pourvoir introduire des dispositions de protection que l’on puisse mettre en œuvre simplement. Nous allons également faire en sorte que la loi Littoral soit respectée et introduire dans cette dernière la protection de la biodiversité. »



Changement climatique/énergie >>>


« Concernant Kyoto après 2012, il faut créer les conditions qui permettent à des pays émergeant comme la Chine, l’Inde ou le Brésil ou des pays comme les USA de pouvoir s’engager vraiment dans ce protocole. Sur ce point, il faudra que l’on revoit l’annexe 9 du protocole qui est celle des engagements des états membres au regard de la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Il faut revoir le marché des émissions, il faudra débloquer des pistes de captage qui sont déjà actives mais qui n’aboutissent pas à cause de certains états membres ».


Transport >>>

Il est essentiel de développer des transports publics propres et efficace pour que même sans voiture, les gens puissent continuer à travailler et à se déplacer dans des conditions normales. Nous mettons au point une façon de taxer les véhicules les plus polluants avec en contrepartie une compensation qui permette aux gens qui des faibles moyens de se déplacer. Nous avons également pris des engagements pour dynamiser le développement des transports collectifs, financé par des prélèvements exceptionnels sur les superprofits des sociétés pétrolières. Nous instaurer la vérité des coûts du transport de marchandises par la route en négociant une éco-redevance pour encourager le transfert du fret vers le rail. Mais également Intégrer le transport aérien dans la négociation internationale sur le climat.»



Bâtiment
>>>

Nos propositions :

- Lancer un programme d’isolation dans l’habitat ancien à l’occasion des transferts de propriété, portant sur 400.000 logements par an, associant les institutions bancaires pour faciliter les investissements. Ce programme permettra de créer 80.000 emplois.

- Conditionner tous les nouveaux permis de construire à l’adoption de normes de performances énergétiques de plus en plus exigeantes (haute performance énergétique puis très haute performance énergétique).

- Sur l’ancien, nous souhaitons que l’état et les collectivités publics s’engagent dans les 10 ans, à amener leurs parcs publics (les écoles, les hôpitaux, etc.) à ces normes de performances environnementales. Nous voulons soutenir tous les efforts d’économie d’énergie (isolation des logements), ou à l’efficacité énergétique (achat d’ampoules basse consommation, remplacement du chauffage électrique…) par des incitations fiscales adaptées (TVA tendant vers zéro).



Agriculture
>>>


« Nous voulons réorienter la PAC, pour permettre de mettre en valeur les formes d’agriculture qui sont le moins polluantes. Nous projetons de revenir à l’éco-conditionnalité (subordonner les aides au respect d’un certain nombre de prescriptions environnementales à commencer par les pesticides) »


Chimie Verte >>>


«Dans le cas des débouchés énergétiques de la chimie verte il faudra se poser la question de la réalité des rendements énergétiques et des impact des agrocarburants sur l’environnement, en particulier sur les gaz à effet de serre, avant de se lancer dans un « tout agrocarburants », que, d’ailleurs, l’agriculture française ne pourrait pas absorber. Il convient donc d’être raisonnablement prudent sur ce secteur.
Par contre, il faut absolument de développer la « chimie verte » pour les approches visant à substituer au pétrole d’autres matériaux issus de l’agriculture. C’est pourquoi cette option (sous réserve qu’elle respecte l’environnement) devra être soutenue car elle est valorisante à trois titre : elle constitue une un substitut au pétrole, elle assure une indépendance à la France et elle fournit un nouveau débouché au monde agricole.
Parmi les points que nous sommes en train d’étudier : des incitations fiscales ou une TVA ou autres qui permettent de faciliter ou d’encourager à l’utilisation de produits de substitution des produits polluants ou du pétrole »



Discrimination


« Notre société ne peut souffrir aucune discrimination que ce soit sur l’origine, l’apparence, les préférences, le sexe, la religion, les opinions… C’est une affirmation qui devrait être banale, tellement elle est évidente; pourtant il ne faut pas se lasser de la répéter car oui aujourd’hui il existe au sein de notre société des discriminations qu’il nous faut combattre avec toute notre énergie. La discrimination à l’emploi en est une et le ministre en charge de ce secteur devra proposer une législation destinée à y mettre fin »



Energies renouvelables >>>


« Il nous faut dès à présent anticiper l’après pétrole et lutter contre les changements climatiques. Ce sera ma priorité d’action au niveau environnementale. Je réaffirme mon objectif de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Les mesures suivantes seront mises en place :
Développer les énergies renouvelables, diversifiées et décentralisées, pour atteindre 20% de la consommation d’énergie en 2020, ce qui permettra de limiter la dépendance aux énergies fossiles et de réduire la part de l’électricité d’origine nucléaire. Ce plan national de développement des énergies renouvelables s’appuiera sur un programme européen associant les centres de recherche et les industries pour faire de ce secteur un nouveau moteur de la construction européenne

La politique énergétique française s’appuiera sur un grand pôle public de l’énergie qui doit être constitué autour de EdF et GdF.

Les détails de la mise en œuvre de cette nouvelle politique énergétique seront affinés en concertation avec tous acteurs du secteur au tout début de la mandature. Cet exercice permettra, soit de valider certains investissements programmés avant l’élection présidentielle, soit d’identifier les alternatives mieux adaptées aux enjeux de notre nouvelle politique énergétique ».


Accès aux logements >>>


«Sur la présence de logements sociaux dans les communes qui n’en offre pas, je crois qu’il faut passer d’une logique d’incitation à une logique d’obligation, y compris jusqu’à aller à une pénalisation des communes les plus frileuses dans ce domaine.

Il nous faudra aussi nous interroger sur la politique de la ville, y compris dans ses aspect d’étalement et de densification, afin d’offrir des logements sociaux de qualité suffisante ».

Concernant le droit au logement opposable, si le principe est louable en soi, et je le soutiens, il faut reconnaître que le gouvernement actuel a fait passer la mesure dans la précipitation, sans aucune étude sérieuse de faisabilité. Je demanderai donc à ce que cette disposition puisse être réellement appliquée, au-delà des effets d’annonce ».



Recyclage >>>


« La question du recyclage est à resituer plus largement dans le cadre de la réorientation de l’économie. Il faut réconcilier l’économie et l’environnement. L’enjeu auquel nous devons faire face est celui d’une économie moderne fondée sur l’efficacité et la sobriété.

Les mesures suivantes seront mises en place:

- Rendre progressivement obligatoire l’éco conception pour tous les produits et développer les labels de qualité environnementale et sociale ;

- Engager un plan de réduction pour atteindre l’objectif de zéro déchet industriel d’ici 2012. Pour les déchets ménagers, engager un plan de réduction à la source mettant l’accent sur la réduction des emballages ;

- Encourager les Régions à développer des parcs industriels sur le modèle de l’écologie industrielle (économie circulaire) ;

- Favoriser la concertation entre les acteurs (industrie, grande distribution, association de consommateurs…) pour promouvoir l’économie de fonctionnalité ;

- Appliquer le principe pollueur-payeur en organisant la responsabilité des entreprises coupables d’atteintes à l’environnement ;

- Réformer la fiscalité écologique pour intégrer dans le prix des produits et services les impacts sur l’environnement en veillant à préserver le pouvoir d’achat des ménages.

Cette nouvelle fiscalité intégrera une proposition de TVA à taux tendant vers zéro pour les équipements et service permettant les plus fortes économies d’énergie (matériaux et travaux d’isolation, équipements économes, énergie renouvelable …) »


Prévention / santé >>>


« La place de la prévention est essentielle et doit être une de nos priorités en terme d’anticipation des risques. Les mesures suivantes seront mises en place :

- Mettre en œuvre un programme national de réduction de l’utilisation des pesticides ;

- Engager une nouvelle réforme de la loi sur l’eau, ou améliorer ces modalités de mise en œuvre. La loi adoptée en décembre 2006 est insuffisante, peu conforme au principe pollueur payeur et persiste à privilégier la dépollution de l'eau par rapport à la prévention ;

- Encourager, par des incitations fiscales, les industries qui s’engageront à éliminer les composés toxiques au-delà des contraintes imposées par le règlement européen REACH ;

- Soutenir les initiatives permettant d’améliorer la santé au travail et la prévention des maladies professionnelles. Accélérer l’indemnisation des maladies professionnelles. »


Emploi


« Nous savons, parce que nous l'avons déjà fait, que la relance de l'emploi passe par la mise en place de cercles vertueux :

- d'abord, convoquer immédiatement la conférence annuelle sur la croissance et sur les salaires avec les partenaires sociaux pour examiner donner du pouvoir d'achat aux catégories les plus modestes : SMIC à 1500 € le plus vite possible, hausse des petites retraites, doublement de l'allocation de rentrée scolaire… Ainsi, par la relance de la consommation, c'est la machine économique qui se mettra en mouvement et provoquera la création d'emplois;

- ensuite créer 500 000 emplois tremplins pour les jeunes, l'emploi des jeunes est une urgence absolue,

- mettre en place la sécurité sociale professionnelle (garantie de revenu, qualification) qui bénéficiera directement à tous les salariés, mais indirectement aussi aux employeurs. »

Nicolas Sarkozy

UMP

« Ecologie : penser loin, agir vite »

Fonctions gouvernementales
1993 : ministre du budget et porte-parole du gouvernement
1995 : ministre de la communication
7 mai 2002 – 31 mars 2004 : ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales
31 mars 2004 – 2 juin 2005 : ministre d’Etat, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie
Depuis le 2 juin 2005 : ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire




Biodiversité >>>

Il y a urgence à agir. La France possède un important réservoir de biodiversité, en métropole comme en Outre-mer. Elle a donc une responsabilité majeure dans la protection des espèces. Je veux que nous commencions par multiplier, agrandir et renforcer la protection de nos réserves en métropole et que nous instaurions un plan de développement durable dans chaque collectivité ultra-marine sur la base d’un diagnostic de territoire. Avec nos voisins européens, je veux que nous nous engagions dans la mise en place de corridors de biodiversité pour faciliter la circulation des espèces. Par ailleurs, je suis favorable à la suppression de la dette des pays pauvres lorsqu’ils font des efforts particuliers de préservation de la biodiversité de leur territoire.


Changement climatique / énergie >>>


Kyoto a énoncé un principe, celui de la lutte contre le changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce principe doit être appliqué et renforcé. C’est une nécessité absolue. Je souhaite notamment, à cet effet, l’instauration d’une taxe carbone applicable aux produits des pays ne respectant pas ce principe. Pour la maîtrise de l’énergie, je propose trois mesures : la création d’un crédit d’impôt environnement qui bénéficiera aux ménages, aux entreprises et aux organismes qui investissent dans la formation, la recherche ou des équipements permettant de réduire la consommation d’énergie et de développer le recours aux énergies renouvelables ; l’isolation de tous les bâtiments anciens ; la TVA à taux réduit sur tous les produits et services écologiques.


Transport >>>

Il n’est pas réaliste de vouloir remplacer partout la voiture individuelle par des transports en commun. Je veux donc, d’une part, que les transports en commun soient plus confortables, plus rapides et plus sûrs pour inciter plus de personnes à les emprunter, mais aussi, d’autre part, que les véhicules particuliers soient moins polluants. Pour cela, je souhaite instaurer une TVA à 5,5% sur les véhicules « propres », créer une pastille bleue qui permettra à leurs propriétaires d’avoir une priorité de circulation et de stationnement dans nos villes, investir massivement dans la recherche sur des moteurs non polluants.


Bâtiments >>>


L’isolation des bâtiments anciens permettrait à la France de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de la moitié des émissions de l’industrie. C’est considérable. Il faut l’encourager. Je propose donc de créer un prêt à taux zéro pour les frais d’isolation de ces bâtiments dans le but d’atteindre 100% de bâtiments isolés si possible avant 2012.

Pour les bâtiments publics ou collectifs, dans les constructions nouvelles, il faut évidemment le respect des normes HQE. Pour les particuliers, le crédit d’impôt environnement permettra de ne construire que des maisons individuelles correctement isolées.


Agriculture

Il faut concilier respect de l’environnement et agriculture de production, car il y a des milliards d’habitants à nourrir et désormais des besoins énergétiques à satisfaire. J’aiderai l’agriculture biologique, j’aiderai l’agriculture raisonnée, mais j’aiderai aussi les autres types d’agricultures à répondre à nos besoins de production tout en respectant l’environnement.

Par rapport aux pesticides, les premières victimes sont les agriculteurs eux-mêmes. Nous devons les aider à réduire l’usage de ces produits en leur apportant l’information nécessaire pour leur permettre de réduire leur dosage sans sacrifier leurs rendements.

Concernant lesalternatives, notre retard est évident. Je veux sortir de la situation absurde qui nous conduit à importer 70% de notre consommation de produits bio. L’Etat et les collectivités locales doivent encourager le développement de cette filière, par exemple en aidant spécifiquement les agriculteurs pendant la phase de transition et en développant les achats de ces produits par les structures de restauration collective. Dans les Hauts-de-Seine, l’approvisionnement de toutes les cantines scolaires relevant du département est progressivement basculé vers le bio pour tous les produits pour lesquels c’est possible.


Chimie Verte >>>

Nous avons la chance d’avoir une production agricole suffisante pour nous permettre de produire des biomatériaux et des biocarburants. Je veux encourager la culture ainsi que la recherche dans ce secteur pour trouver de nouveaux substituts et améliorer la rentabilité des produits. Le crédit d’impôt-environnement en sera l’un des instruments.

La loi d’orientation agricole a posé des jalons intéressants, notamment en matière de bioplastiques. Je souhaite poursuivre sur cette voie. Par ailleurs, je veux que les achats publics soient systématiquement éco-responsables : la chimie verte y aura toute sa part.


Discrimination

Je veux que la France soit un pays ouvert et tolérant, qui fasse une place à chacun de ses enfants. Je renforcerai les pouvoirs de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, qui fait un travail remarquable. Par ailleurs, s’agissant des discriminations à l’embauche, je souhaite la généralisation du CV anonyme partout où c’est possible. Les administrations et les grands corps de l’Etat seront, pour leur part, exemplaires.


Energies renouvelables
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Nous sommes déjà le premier producteur européen d’énergies renouvelables, mais notre consommation reste plus faible que celle d’autres pays. Je veux qu’elle passe le plus vite possible de 6% à 10% de notre consommation énergétique, en encourageant notamment l’équipement des ménages, des entreprises et des administrations par le biais du crédit d’impôt environnement évoqué précédemment.


Logement
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Je veux faciliter l’accès à la propriété, qui est une sécurité pour tous les Français et le rêve de toutes les familles. Pour cela, je propose : pour tous les Français, un crédit d’impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers ; pour ceux qui n’ont pas de revenus stables ou suffisants, la généralisation du crédit hypothécaire, qui permet de garantir l’emprunt par la valeur du bien ; pour ceux qui n’ont pas d’apport personnel, un prêt foncier à taux zéro permettant de commencer par rembourser les murs en différant gratuitement à plus tard le remboursement du terrain. S’agissant de la location, je développerai l’investissement locatif par une incitation fiscale plus stable et une vraie protection des propriétaires contre les impayés de loyers. En échange, je supprimerai les obligations de caution et de garanties qui sont imposées aux locataires. S’agissant enfin des logements sociaux, je veux qu’on y puisse y accéder dans la transparence et qu’on soit ensuite encouragé à les libérer pour d’autres, en facilitant l’accès au parc locatif privé ou à l’acquisition de son propre logement. Je veux stimuler la construction de logements sociaux par le recours à des partenariats publics-privés. Concernant leprincipe du droit au logement opposable, je me suis engagé à le mettre en œuvre pour contraindre l’Etat et les collectivités locales à atteindre, en matière de logement, le seul résultat concret utile : un logement pour tous.



Recyclage >>>


Inciter à la réduction du tonnage des déchets estindispensable ! Je propose d’augmenter la taxation sur les emballages et de moduler la redevance ou la taxe d’ordures ménagères sur le volume collecté, afin de responsabiliser les producteurs comme les consommateurs, en tenant compte bien sûr de la taille des familles.



Environnement / santé >>>

Je souhaite que la santé environnementale fasse partie des priorités de notre système de recherche et que l’information des consommateurs sur les produits soit renforcée en imposant un étiquetage détaillé et clair. Je souhaite aussi que nous réfléchissions à la possibilité, pour les patients qui le souhaiteraient, d’introduire des données environnementales dans leur dossier médical personnel afin de prendre des mesures de prévention ou de soins utiles. Anonymisées, ces données permettraient en outre de mener les grandes études épidémiologiques dont nous avons besoin en la matière.

Les nanotechnologies sont une chance immense et une opportunité à saisir, même si nous devons être vigilants quant aux risques sanitaires éventuels qui pourraient leur être liés. J’encouragerai donc la recherche à la fois pour développer leurs usages et pour maîtriser leurs effets.


Emploi


Ma stratégie pour relancer l’emploi consiste à encourager le travail, car c’est l’activité des uns qui crée le travail des autres. Pour cela, je prendrai quatre mesures. Premièrement, rémunérer 25% de plus les heures supplémentaires quelle que soit la taille de l’entreprise et les exonérer de toutes charges sociales et fiscales. Moins chères pour les entreprises, il y en aura plus. Plus payantes pour les salariés, cela créera du pouvoir d’achat. Les deux ensemble, cela crée de la croissance et de l’emploi. Deuxièmement, réformer le marché du travail en créant un contrat unique à durée indéterminée, plus sécurisant pour les salariés, plus souple pour les entreprises. Les entreprises embaucheront plus vite. Cela crée de l’emploi et réduit la durée du chômage. 15 mois en moyenne, c’est inacceptable. Troisièmement, je fusionnerai l’ANPE et l’UNEDIC pour créer un service public unifié de l’emploi, efficace, accompagnant les chômeurs à partir du premier jour et non pas au bout de six mois. Pour les publics particulièrement éloignés de l’emploi, des programmes spécifiques de formation et de retour à l’emploi seront mis en œuvre. Enfin, en créant le « revenu de solidarité active » proposé par Martin Hirsch, le président d’Emmaüs, je ferai en sorte que travailler soit toujours plus payant que l’assistanat. Tout titulaire de minimum social devra avoir une activité d’intérêt général. Avec ces quatre mesures, nous aurons le plein emploi d’ici cinq ans.


Le prix des programmes

L’institut de l’entreprise a créé sa propre cellule de chiffrage pour évaluer le coût des propositions des différents partis. L’objectif : pousser les candidats à expliciter leurs engagements.

35 milliards pour le programme du PS, 32 milliards pour l’UMP, 20 milliards d’euros pour l’UDF et 90 milliards pour le FN. Ce sont les estimations des candidats du coût de leurs propres propositions. Mais sous la loupe d’une cellule de chiffrage indépendante (celle de l’institut de l’entreprise), ces enveloppes gonflent… jusqu’à doubler de volume pour certains partis.

Le coût du programme de François Bayrou, par exemple, est ainsi revu à hauteur de 27,5 milliards d’euros. Pour ce qui est des propositions contenues dans notre dossier, la cellule de chiffrage estime par exemple à 8 milliards d’euros l’exonération de charge pour les deux premiers emplois en CDI (contre 4 milliards pour le candidat).

L’estimation du pacte présidentiel de Ségolène Royal explose les plafonds : dans safourchette la plus optimiste, la cellule évalue l’enveloppeà 60 milliards d’euros.

La construction des 120 000 logements sociaux s’élève ainsi à 0,2 Md euros, la création d’un service public de la caution à 0, 5Md euros et l’extension des prêts gratuits pour l’accès à la propriété à 0,6 Md euros. Son soutien aux énergies renouvelables est quand à lui estimé à 2,5 Md euros. Et c’est aux français qu’il reviendra d’absorber cette dernière note via la CSPE soit un effort de 6,6 euros/an par consommateur d’énergie.

Nicolas Sarkozy quant à lui voit le montant de son programme s’élever jusqu’aux environs des 50 milliards d’euros. Parmi les propositions de sa “révolution écologique” : le crédit d’impôt environnement coûterait 1 Md euros, la défiscalisation des biocarburants 0,18 Md euros , les aides à la recherche sur l’environnement 0,7 Md euros. La redevance pour l’usage du réseau routier quant à elle pèse 0,4 Md euros et sa volonté de favoriser les énergies renouvelables 2,5 Md euros. Dans ce cas, comme pour le PS, le consommateur final via la CSPE financera cette mesure (à hauteur d’environ 6,6 euros/an). L’objectif de l’institut : inciter les candidats à faire preuve de cohérence et préciser leurs engagements. La cellule est constituée de trois experts de la mécanique budgétaire indépendants et anonymes.Certains estiment cependant que la question du coût des propositions n’est pas pertinente. Pour eux, l’analyse de la cohérence des stratégies politiques importe plus que ce chiffrage.

Pour en savoir plus : http://www.debat2007.fr


Nos présidents sont tous des cancres !


Tel est le constat de Marc Ambroise-Rendu, un des pionniers de la rubrique environnement au quotidien Le Monde. Et le Pacte écologique de Nicola Hulot ne devrait pas fondamentalement changé la donne, ni pesé sur les élections à venir.

Propos recueillis par Stéphane Rousset


Vertitude Magazine : Quel regard portez-vous sur l'évolution de la politique environnementale depuis une cinquantaine d'années?

Marc Ambroise-Rendu : En préparant mon dernier livre « Des cancres à l'Elysée »(1) j'ai revisité la politique de l'environnement menée dans ce pays depuis 1958. Elle se caractérise d'abord par la production d'une législation surabondante (105 lois votées en 50 ans) qui singularise le système politique français. Mais des lois trop souvent de circonstance, rabotées par tous les lobbys productivistes et parfois fort mal appliquées. En tout cas nos codes de l'environnement et de l'urbanisme ont prodigieusement gonflé. Tout est réglementé mais toujours trop peu et trop tard. Depuis une dizaine d'années, d'ailleurs, les juristes notent que des amendements et des « cavaliers législatifs » reviennent sournoisement sur la portée ou la rigueur de ces textes.

La politique nationale se caractérise aussi par « l'invention » du ministère de l'environnement (en 1971). Cette initiative a été imitée ensuite par la plupart des pays d'Europe. Le ministère a porté chez nous 20 appellations différentes. Il reste une administration de mission (et non de gestion) servie par des fonctionnaires compétents et ardents mais démunis de moyens financiers et d'instruments d'action. Sa faiblesse congénitale - et entretenue - lui fait perdre beaucoup trop d'arbitrages dans les négociations interministérielles.

Les préoccupations ont changé en 50 ans. On a combattu d'abord la pollution de l'eau et de l'air comme la destruction du patrimoine bâti historique. Ainsi on a limité les dégâts du progrès. Puis on s'est intéressé à la protection de quelques îlots de nature (les parcs nationaux, les parcs régionaux, les réserves) de quelques espèces et du paysage. Enfin on en est venu à une réflexion plus écologique et internationale sous la quadruple impulsion de l'ONU (conférences de Stockholm et de Rio), de l'Europe (crée en 1957 mais intervenant dans le secteur de l'environnement à partir des années 75), de nos présidents soucieux de leur image planétaire... et de la mondialisation du péril écologique.

Quel est le degré de maturité de notre politique environnementale ? Nos présidents ont-ils pris conscience de l'urgence écologique ?
Depuis le remarquable discours de Georges Pompidou à Chicago, en 1970, sur les menaces planétaires et la crise urbaine, tous les « locataires » de l'Elysée ont compris ce qui allait arriver. Ils l'ont exprimé dans de remarquables allocutions comme le célèbre « La maison brûle » de Chirac à Johannesburg. Mais aucun n'a sérieusement engagé la France dans la prévention de cette crise : ni par la pédagogie que leur prestige aurait rendu crédible auprès des Français, ni par des mesures de fonds progressivement appliquées. Les trésors d'énergie, de recherches et de financements qu'ils ont dépensés pour placer la France au premier rang des nations nucléaires, ils pouvaient les déployer aussi pour en faire la première éco-nation du monde. Aujourd'hui tout le monde constate que les crises de l'énergie, du climat, de la biodiversité, de la désertification, de la pollution généralisée sont là. Nous allons les subir de plein fouet alors que notre régime politique nous permettait de les préparer.

Les politiciens - et d'abord les présidents de la République - ont, sur ce point, failli à leur mission.

Que doit faire notre futur(e) président ?

Accomplir cette « révolution écologique » à laquelle le président Chirac nous convie, c'est-à-dire changer nos modes de production, de consommation, de construction, de déplacements pour les rendre plus économes, moins traumatisants, plus respectueux des milieux et ressources naturelles. Cette nouvelle croissance - plus qualitative que quantitative - reste à inventer. Deux siècles de révolution industrielle et de religion du progrès ont à ce point formaté les esprits que cette révolution-là est impossible à engager en douceur. Seule la crise et les personnages providentiels de ces moments-là - comme de Gaulle en 1940 - l'imposeront.

Les mouvements écologiques peuvent-ils faire avancer la prise de conscience ?

Qu'ils l'avouent ou pas tous ces mouvements ont fait, font ou feront de la politique dès lors qu'ils interviennent dans les campagnes électorales et le débat public. Ils sont quasiment marginaux et depuis René Dumont, en 1974, ils n'ont jamais réussi à réunir, même aux plus beaux jours de Brice Lalonde, plus d'un million et demi d'électeurs et de sympathisants. Ce sont toujours les mêmes : on les retrouve dans les associations, dans les manifs ou en train de nettoyer les forêts. Ils représentent 5 % du corps électoral. Ce qui veut dire que, contrairement à ce qu'ils racontent aux enquêteurs d'opinion, 95% des Français ne sont pas disposés à traduire leur vague préoccupation ou même leur sympathie écolo par des actes ou un bulletin de vote. Nulle part au monde d'ailleurs, sauf un moment en Allemagne avec les "Grunen", la perception de la crise écologique n'a suscité un projet politique complet et un parti digne de ce nom. Les Verts ont tenté cette aventure en France : le spectacle de leurs zizanies les a discrédité.

Nicolas Hulot pourrait-il être cet homme providentiel ?

L'opération médiatico-politique de Nicolas Hulot proposant son Pacte écologique a incontestablement éveillé les esprits et suscité une vague de sympathie. Mais l'opération est venue trop tôt dans la campagne. Les supposés candidats ont immédiatement signé, se sont ainsi « verdis » juste ce qu'il fallait, puis sont passés aux sujets « sérieux », le pouvoir d’achat ou le chômage. Il sera bien temps de parler des sujets qui fâchent - comme la crise écologique - lorsqu'elle arrivera. Autrement dit, faute d'un conseiller politique sérieux et de la volonté de se risquer dans l'arène électorale, Nicolas Hulot a raté jusqu'ici son affaire. S'il ne reprend pas la main - mais comment ? - il gardera l'image d'un boy-scout égaré au bord du marigot des caïmans présidentiels.

Alors comment maintenir les candidats sous pression écologique ?

Une manifestation rassemblant tous ceux qui ont signé le pacte écologique est prévue le 1er avril au Trocadéro, à Paris. S'il y avait un million de personnes cela pourrait inquiéter les candidats du 2ème tour qui jouent leur pouvoir sur quelques dizaines de milliers de voix. Sinon, ce ne sera qu'une gentille manif de plus. Elle pourrait même se révéler contre-productive. Si elle est dérisoire, elle confirmerait les politiques dans l'idée que l'écologie n'a aucun poids.

C’est donc un échec ?

Après avoir tenté de convaincre Chirac - non sans succès - Nicolas Hulot est intervenu dans la campagne pour persuader les candidats. Tant mieux. Cela montre qu'après avoir mobilisé en France nombre de brillants avocats depuis plus de quarante ans l'écologie suscite toujours de nouveaux défenseurs porteurs de nouvelles idées. Un jour, ils seront entendus et peut-être écoutés. Hulot est porteur d'espoir.

Quel regard portez-vous sur les propositions du Pacte écologique ?

Toutes sont pertinentes. Mais chacune dérange un lobby ou un groupe socio-professionnel. C'est pourquoi elles ne suscitent aucun enthousiasme chez les candidats qui les ont signés et elles seront difficiles à mettre en oeuvre. Ainsi le super ministère et la démocratie représentative agacent le petit monde des élus ; la taxe carbone horrifie les fiscalistes et les industriels ; la réorientation des aides agricoles exaspère les paysans ; et même l'éducation à l'environnement énerve les syndicats d'enseignants.

Pourrons-nous désamorcer à temps cette crise écologique ?

Pour « désamorcer » une crise de cette ampleur, provoquée par des décennies d'activités humaines incontrôlées, touchant à des équilibres planétaires encore mal connus, il faudra des dizaines d'années. Et en admettant que l'ensemble des nations - riches comme émergentes - s'y mettent tout de suite. Ce n'est pas le cas. Arrivera-t-on à inverser ces grands mouvements ? Nombre de scientifiques commencent à en douter. L'idée se fait jour selon laquelle l'humanité devra s'adapter à de nouvelles conditions climatiques, énergétiques et de biodiversité appauvrie. L'espoir repose davantage sur la plasticité de l'espèce que sur sa capacité à inventer des techniques mirobolantes permettant à la planète de revenir à un « âge d'or ». Le préhistorien que je suis (2) pense qu'une nouvelle aventure commence. Elle ne sera pas moins passionnante et mobilisatrice que les précédentes.

(1) "Des cancres à l'Elysée, les 5 présidents de la Vème République devant la crise écologique", Marc Ambroise-Rendu, Ed. Jacob-Duvernet, 2007, 358 p. 20,95 euros

(2) "Préhistoire des Français", Marc Ambroise-Rendu, Presses de la Cité,1967, 374 p

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