Amiante / Ouverture du procès de Turin

Le 6 avril dernier s’est ouvert le premier procès pénal contre deux ex-dirigeants du groupe Eternit. Tous deux sont accusés d'être responsables de la mort de centaines de personnes exposées à l'amiante. Un événement historique pour les journalistes italiens qui n’hésitent pas à le comparer aux « maxiprocès » contre la Mafia des années 1980. Les chiffres donnent le vertige : 2 191 victimes (dont 2 000 rien qu'à Casale Monferrato), 6 000 parties civiles, 220 000 pages d'actes judiciaires relatifs au procès. Les spécialistes estiment que l’exposition à l’amiante depuis 1952, dans les quatre usines italiennes a déjà fait près de 2 200 victimes. Un bilan toutefois incomplet : rien qu’à Casale Monferrato, ville de 35 000 habitants, une cinquantaine de personnes succombent encore, chaque année, d'un cancer de la plèvre ou du poumon et la tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2020. Stephan Schmidheiny (61 ans) et le baron belge Jean-Louis Marie Ghislain De Cartier (88 ans) sont accusés pour défaut d’information et de protection de leurs salariés (aspiration des poussières d'amiante,le port de masques, nettoyage des vêtements de travail). Autre chef d’inculpation : la livraison de matériaux contenant de l'amiante à des particuliers sans information de ces derniers du danger encouru et ce « sur une grande échelle et pendant plusieurs décennies. »
Prochaine audience le 22 avril.
© coquin